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Bien choisir son réseau social pour communiquer

28/09/2021

Bien choisir son réseau social pour communiquer

Les réseaux sociaux n'auront plus de secret pour vous.

Quel réseau social choisir pour ma communication ?

Dans cet article, je vous propose de découvrir les différentes cibles des différents réseaux qui s'offrent à vous : LinkedIn, Instagram, Facebook, Tiktok, Twitter…

Pourquoi ? Parce que lorsqu’on se lance, nous avons tendance à s’éparpiller et à être présent un peu partout pour se faire connaître. Et on peut vite se perdre. Sachez que rien ne sert d'être sur tous les réseaux sociaux.

Avant toute chose, il est important d’établir un bon plan de com. Ce qui implique de bien connaître ces personas et les différents réseaux sociaux. Après cet article, les réseaux sociaux n’auront plus de secrets pour vous.

Prenez votre café ou votre thé, et dégustez l’article.

Commençons par le plus connu : Instagram

Instagram est sans doute l’outil incontournable des marques. Ce réseau est parmi les plus populaires de l’ensemble des réseaux. 

Alors, quelles sont les cibles que nous pouvons retrouver sur Instagram ?

Instagram est majoritairement utilisé par des jeunes, 40% des internautes y ont moins de 50 ans et la tranche d'âge la plus représentée est celle des 18-24 ans. Ce réseau s’adresse donc à des marques qui ont des personas assez "jeunes". On parle de jeunes “branchés”. Ce réseau est très utile lorsque vous avez une cible BtoC. C’est le second réseau social en termes d’utilisation par les marketeurs de produit de luxe (après Facebook)

Comment ces jeunes utilisent-ils Instagram ? Qu’est-ce qui fonctionne le mieux ?

Les utilisateurs d'Instagram postent énormément de story qui sont plus spontanées que les posts, il est donc très utile de miser sur une stratégie avec des stories. Sur Instagram, on vend principalement “du rêve”, de la notoriété en fait. Tout passe par des éléments graphiques, des vidéos et de belles photos. Il faut donc principalement miser sur de l’esthétisme. N’y allez pas sans des créations graphiques bien travaillées.

Le pionnier : Facebook

Le pionnier des réseaux sociaux (pour la nouvelle génération, celle qui n’a pas connu ni msn ou myspace), est un incontournable, toujours leader en termes d’utilisation. C’est toutefois à nuancer, l’audience de ce réseau a énormément changé ces dernières années. En effet, ce réseau était le réseau parfait qui touchait toutes les cibles il y a encore 5 ans et le désamour de ce réseau au profit d'Instagram par les 15-24 ans depuis 2019 en a fait un réseau avec une audience plus mature. Il connaît en quelque sorte une baisse de popularité chez les jeunes, en revanche cela ne signifie pas qu’il n’est pas moins intéressant que ces confrères (twitter, Insta…) Bien au contraire. C’est toujours le réseau social n°1 en BtoB et en BtoC en termes d’utilisation par les professionnels du marketing digital.

Qui sont les utilisateurs de Facebook ?

On compte plus de 37 millions d’utilisateurs actifs en France. Les utilisateurs moyens sont assez matures, connaissent bien la plateforme. 70% des utilisateurs de facebook ont plus de 37 ans, et on compte 52% de femmes. C’est une cible avec un pouvoir d’achat.

Si votre cible a plus de 24 ans en BtoC, c’est le place to be, si votre cible est plus jeune, dirigez-vous prioritairement vers Instagram.

Bien évidemment, ce réseau est très utile en BtoC quand vous avez un produit/service qui s’adresse à une clientèle mûre. C’est un réseau assez familial ou on retrouve toutes les catégories sociales.

Qu’est-ce qu’il faut poster sur Facebook ?


Facebook possède un outil de publicité et de statistique très puissant, ce qui permet de faire des campagnes très bien ciblées. La vidéo sur Facebook est le média qui engage le plus. Les publications qui amènent à faire interagir fonctionnent aussi très bien. Les jeux concours sont également intéressants. La force de Facebook vient de son antériorité et de son excellent algorithme de ciblage en fonction des centres d’intérêts.

Le réseau hyper viral : Twitter

Twitter est sans doute le réseau le plus compliqué à maîtriser, car ses codes sont assez complexes. C’est LA plateforme pour se faire remarquer, que ce soit en bien ou en mal (et oui, un bad buzz est vite arrivé). Et, c’est aussi, un réseau très rapide et instantané. Les informations circulent très rapidement. C’est un média d'information et c’est un média de réaction à l’information.

Qui utilise twitter ?

Ce sont des jeunes et des moins jeunes, en effet, ce réseau social réussit à réunir beaucoup de monde, quel que soit son âge bien que 64.7% des utilisateurs aient plus de 24 ans. En revanche, c’est une plateforme très masculine. Les utilisateurs ne font généralement que regarder et interagissent que très peu. Ils utilisent Twitter dans le but de s’informer. Ceux qui interagissent, eux, le font très régulièrement. On y retrouve des marques qui jouent sur l’humour, et aussi, beaucoup de politiques. En tant que marque, il faut donc savoir se différencier par le ton et la ligne éditoriale.

Pourquoi utiliser Twitter ?

C’est un outil très utile, dans la communication, mais aussi dans la veille concurrentielle. Vous pouvez aussi connaître les derniers sujets très tendance, et par conséquent, adopter une com’ très actuelle. Twitter permet aussi de travailler sa “social influence” et de se faire connaître. C’est un outil intéressant dans une stratégie de personal branding notamment.

Le réseau social BtoB par excellence : LinkedIn

LE réseau professionnel c’est LinkedIn. La plateforme idéale pour valoriser votre savoir-faire, votre expertise, prospecter, pour travailler votre image de marque… Aujourd’hui, si vous êtes un professionnel, un étudiant, un salarié, un artisan, il est impensable de ne pas être actif sur LinkedIn.

Comment communiquer avec LinkedIn ?

L’audience LinkedIn est professionnelle. Contrairement à ce qu’on peut penser de prime abord sur un réseau professionnel, la cible n’est pas plus âgée que sur les réseaux plus BtoC.

  • 54.7% des utilisateurs de LinkedIn ont entre 25 et 34 ans et 22.1% ont entre 18 et 24 ans.
  • Vous n’auriez pas pensé que 76,8% des utilisateurs de LinkedIn ont moins de 35 ans et pourtant si.

Vous y retrouverez également les décideurs en BtoB, en effet le contenu découvert sur LinkedIn déclenche plus d’achat en BtoB que Facebook.

LinkedIn est un réseau particulier, et qui a ses propres codes. Votre com’ ne doit pas être centrée sur ce que vous vendez, mais sur vous, vos compétences, vos expériences, vos conseils. Il faut travailler votre marque personnelle et valoriser votre expertise, vos valeurs et vos méthodes de travail afin d'acquérir de la notoriété et ensuite des ventes depuis LinkedIn.

Le petit nouveau : Tiktok

Tiktok connaît un succès fulgurant ces dernières années. Le principe est simple : des vidéos de quelques secondes et un algorithme qui aime les vidéos virales. Cet algorithme permet de se regrouper (les internautes) en fonction des centres d'intérêts. Ce qui peut être très intéressant pour une marque qui vise un certain public. C’est une plateforme qui valorise la créativité et permet de s’exprimer facilement. Les jeunes sont souvent là pour se distraire et s'amuser. Les marques suivent donc le mouvement, mais il faut être prêt à ne pas se prendre au sérieux.

Qui sont les internautes ?

Tiktok est un réseau qui se veut très jeune, la tranche d'âge la plus représentée est de 11-25 ans, on y retrouve de très jeunes utilisateurs : de nombreux mineurs l’utilisent. Ce réseau vise principalement le BtoC, ce qui semble logique.

Ce réseau est idéal pour cibler une cible en particulier qui a les mêmes centres d'intérêts, vous pouvez passer par un influenceur ou en créant votre propre compte. Adoptez les codes de votre cible (tendances et challenges) et le tour est joué !

Conclusion :

Vous en savez un peu plus sur les réseaux. De quoi vous éclairer sur votre plan de com et sur les différents réseaux sociaux à utiliser ! Et si vous avez besoin de conseils pour construire votre présence sur les réseaux sociaux ou d’un bon community manager, n’hésitez pas à nous contacter.

5 astuces pour faire une bonne maquette sur Figma

21/09/2021

5 astuces pour faire une bonne maquette sur Figma

Vous souhaitez créer vos maquettes et prototypes sur Figma et vous cherchez à optimiser votre travail ? C’est la première fois que vous utilisez Figma ou bien vous êtes un habitué de l’outil qui est curieux de voir s’il utilise tous ces « pense-bêtes » ?

Je vous donne quelques astuces qui pourront vous aider à booster votre performance.

Architecture de l’information : « La propreté est l’image de la netteté de l’âme » (Montesquieu)

Premier point qui parait évident mais qui ne l’est pas tant que ça finalement : L’ordre. Le rangement, le ménage, appelez cela comme vous voulez. L’important est de ranger les éléments dans des parties puis sous-parties puis sous-sous-parties, etc… Qui sont en réalité nommées des "Groups", mais vous avez compris. Tel des poupées russes, oui tout à fait.

L’objectif est que chaque élément ait une place et qu’il y soit, afin de le retrouver rapidement et ainsi de gagner du temps (ou en tout cas de ne pas en perdre !). De plus, lorsque vous transmettrez votre travail aux développeurs ou si une personne extérieure vient travailler sur ce projet, ils ne s’arracheront pas les cheveux en tentant de comprendre. C’est également valable pour vous, vous aurez les idées plus claires et lorsque vous reviendrez de votre pause-café vous ne prendrez pas peur en essayant de vous rappeler où est-ce que vous en étiez. L’autre avantage que vous avez à tout "caser" est que cela vous simplifiera la tâche lorsque vous créerez les liens entre les pages pour concevoir le prototype. Alors, ne craignez pas de créer beaucoup de cases. 😉

Règle de nomenclature : « Appeler un chat un chat »

La nomenclature. Rien de mieux qu’une suite d’éléments nommés "exemple 1", "exemple 2", …, "exemple n" pour attraper un mal de tête au bout d’une heure et s’emmêler les pinceaux. Il est donc important de réfléchir au titre qu’on donne à chaque élément. Cela vaut également pour les pages, vous pouvez notamment compléter l’intitulé initial par une description précise, par exemple : "Accueil" suivi de la page "Accueil / Inscription". En ce qui concerne les détails de l’intitulé, n’en mettez pas trop. Par exemple : "Bouton de validation OK orange" pourrait simplement être "Bouton OK" ou juste "OK". Ne perdez pas de vue que votre espace de travail doit être propre et simple. Evitez aussi les couleurs dans les titres, « orange » dans l’exemple précédent. En effet si vous décidez, après coup, de changer la couleur d’un des éléments (logo ou autre), vous devrez rectifier la nomenclature de chacun d’entre eux… Ce qui nous mène à : penser à utiliser les "components". Cette fonctionnalité est un vrai gain de temps quand on sait l’utiliser. Elle permet de faire une modification d’un élément présent sur toutes les pages en même temps et non de devoir toutes les rectifier une par une. 

Test and learn : « Ne sait ce qui est bien qui nul n'essaie »

N’hésitez pas à faire des pages "inutiles" c’est-à-dire des pages d’essai brouillon qui servent de comparaison pour vous aider à prendre du recul et avoir un œil critique sur le choix des éléments ou de leur emplacement, donc qui ne sont en réalité pas inutiles du tout.

D’ailleurs, ce n’est pas une honte de demander l’avis de ses collègues ! Bien au contraire, les utilisateurs qui vont tester votre maquette auront tous des avis et des goûts divergents, alors n’hésitez pas à vous ouvrir à d’autres opinions. N’ayez non plus pas honte d’essayer des choses, c’est en testant qu’on se rend compte si quelque chose est laid et que l’on peut faire mieux. Enfin, inspirez-vous ! Allez chercher l’inspiration sur les sites qui existent déjà ou sur des templates. Plusieurs sites existent pour vous donner des idées, je pense notamment à awwwards ou dribble, mais vous pouvez aussi vous inspirer sur Free Frontend pour les éléments. Ne croyez pas que les autres ne copient pas, c’est faux 😉 C’est important de rester à jour des tendances, donc tenez vous informer de ce qui plaît ou ne plaît pas.

Atomic Design : « Le diable se cache dans les détails » (Nietzsche)

Techniquement parlant, le moindre détail est important. Que ce soit sur l’alignement des éléments, le même espace entre les blocs, la dimension de ceux-ci, etc… Vous le comprenez, le diable se cache dans les détails.

Et je ne vous parle pas là encore que d’esthétique. C’est un point très important pour la réalisation du développement par la suite. Une des méthodes que nous pratiquons chez Netnco pour assurer une homogénéité de conception est l’Atomic Design. Cela consiste en la décomposition de la maquette en différents composants : atom, molécules, organismes, template et pages, afin de rendre l’interface fonctionnelle et agréable. Nous en parlerons plus en détail dans un nouvel article très prochainement.

Mais pour l’instant, il est facile d’être attentif aux détails lors de la conception de la maquette de manière simple. L’important est de le faire progressivement, au fur-et-à-mesure que vous créez les éléments. N’attendez pas d’avoir créé tous les éléments pour vérifier la distance entre eux, sinon vous risquez de passer du temps à tout vérifier et réaligner. Pour connaître la distance entre deux éléments il suffit de les sélectionner tous les deux et de modifier la valeur suivante :       

                                                                                

Essayez aussi de respecter les mêmes distances entre les blocs d’éléments de vos pages afin d’avoir un rendu cohérent et globalement propre. Ce n’est pas un détail qui va faire que votre maquette sera mauvaise, c’est l’addition de plusieurs détails qui rendront le tout moins propre et donc moins bon. "Les utilisateurs qui ne sont pas des UX Designers ne verront pas ces détails" me direz-vous, en effet ils ne seront pas capables de relever un à un les défauts de conception avec un œil critique, toutefois le cerveau en fait une expérience globale qui inconsciemment sera meilleure sans ces défauts. 

Prototypage : « Parfois, il faut savoir prendre du recul pour mieux avancer »

Servez-vous du prototype pour vérifier toutes sortes de choses : l’alignement de certains éléments qui ne sont pas en cohérence d’une page à l’autre, une erreur de police à un endroit, etc… Le prototype sert principalement à faire tester la maquette à des utilisateurs, toutefois elle a un potentiel bien plus intéressant, à mon sens. Vous ne l’avez peut-être encore jamais vécu mais lorsque votre page Figma contient une cinquantaine de Frames, il devient difficile de tout vérifier pour être certain de ne pas avoir fait d’erreur d’un Frame à l’autre. C’est pourquoi je trouve vraiment efficace le fait d’interagir soi-même avec la maquette via le prototype. De plus, le nombre de liens entre les pages monte trèèèès rapidement, ce qui peut mener à des liens falsifiés. N’hésitez pas, donc, à passer de la maquette au prototype, au fur-et-à-mesure que vous créez les liens. Cela vous permettra également de vous projeter dans la peau des futurs utilisateurs et peut-être ainsi de vous rendre compte de certains bémols.

Résumé

Pour résumer, l’utilisation de Figma est comme une recette de cuisine : il est indispensable d’avoir un plan de travail propre et lisible pour ne pas mélanger les ingrédients et les mesures ne peuvent pas être approximatives. En effet 500 grammes de beurre ne sont pas 550 grammes, votre recette ne sera pas du tout la même. Il est donc important de se rappeler ses objectifs de temps en temps pour ne pas s’en éloigner : que ce soit toujours clair, pratique et propre.

Je ne vous ai pas donné d’astuces miraculeuses, mais quelques "pense-bêtes" afin d’utiliser l’outil Figma le plus efficacement possible. Si j’ai stimulé votre curiosité ou que je vous ai donné envie de faire appel à nos services, n’hésitez pas à nous contacter ! 

Credits Photos : Cottonbro, Charlie Deets, Olya Kobruseva, Chloe Maze et Adobe Stock

La création d'applications hybrides avec Cordova

10/06/2021

La création d'applications hybrides avec Cordova

Qu'est-ce que Cordova ?

Les applications mobiles ont désormais une place prépondérante dans la vie de la plupart des gens. D'après le portail de la transformation numérique des entreprises, les applications mobiles représenteraient 89% du temps passé par les français sur un smartphone, soit près de 2 à 4 heures par jour. Il peut être tentant d'intégrer ce gigantesque marché pesant près de 36 milliards d'euros. Cependant, la difficulté technique de mise en œuvre d'une application mobile, du fait de la multiplicité des langages natifs (Swift, Java, Kotlin, C#, ...), peut occasionner un coût important.

Pour cela, il existe une solution en vogue aujourd'hui : faire une application "hybride" sur une technologie Cross-Platform ! Plus concrètement, cela veut dire : ne développer l'application qu'une seule fois sur une technologie robuste et intéropérable. Par exemple, cela permet de faire fonctionner votre application à la fois sur Android et iOS avec le même code source. C'est une économie de coût et de temps considérable ! Attention, il ne faut pas confondre une app hybride avec une webapp, qui, elle, ne permet pas l'accès aux fonctions du téléphone.

Il existe de nombreuses solutions cross-plaform, React Native, Xamarin ou plus récemment Flutter développé par Google. C'est la solution Cordova que j'ai choisi de présenter dans cet article. Nous reviendrons plus loin sur ses avantages et ses (rares) inconvénients. Mais avant, une présentation rapide de cette merveilleuse solution.

Cordova, anciennement nommé PhoneGap, est un framework permettant de créer des applications dites "hybrides". Née en 2011, cette solution est issue de la reprise du projet PhoneGap par la fondation Apache. Son nom complet est d'ailleurs Apache Cordova, elle est, au moment de l'écriture de cet article, en version 10.0.0. Le framework Cordova exploite des technologies web classiques telles que le HTML5, le CSS3 et le Javascript. Une fois compilée, l'application s'exécute dans des wrappers (WebView) propres à chaque plateforme en s'appuyant sur des API JS conformes au standard (cf schéma ci-desous).

Schéma fonctionnement Cordova

De nombreux plugins sont disponibles pour pouvoir manipuler les fonctionnalités natives du téléphone.

Pourquoi Cordova ?

Ce n'était pas le cas il y a quelques années, mais à l'heure où j'écris ces lignes, les solutions permettant de faire du cross-plaform ne manquent pas ! Alors, pourquoi utiliser Cordova ?

D'abord, il faut préciser que Cordova est un projet open-source, c'est à dire que son code-source est totalement libre et disponible sur Github. Bénéficiant d'une forte communauté, le projet est régulièrement mis à jour et des évolutions sont apportées rapidement quand c'est nécessaire (ex. quand Apple a interdit l'usage de UIWebView dans les applications sur son store).

Ensuite, son avantage principal pour les développeurs pratiquant déjà les langages web HTML/CSS/JS est qu'il n'y a pas de nouveau langage à apprendre ! Contrairement à Flutter par exemple qui impose le Dart, toute la logique métier est ici codée en Javascript ! En outre, vous pouvez tout à fait utiliser le langage que vous souhaitez dans votre projet Cordova, et même un autre framework tel que VueJS ou Angular.

Contrairement à React Native, Flutter ou Ionic, qui offrent toutes une panoplie d'éléments UI pré-définis, il n'y a malheureusement pas de template par défaut pour Cordova… Mais cet inconvénient est également un avantage : la liberté concernant l'UI est totale ici, là où elle est parfois restreinte ailleurs.

L'autre gros point fort de Cordova est sa bibliothèque de plugins extrêmement fournie ! Il existe des plugins pour piloter toutes les fonctionnalités natives du téléphone (géolocalisation, appareil photo, notifications, bluetooth,...) mais aussi énormément de plugins fonctionnels très aboutis (pour gérer les tâches de fond, la persistance des données, le transfert de fichiers, etc...).La majeure partie est maintenue à jour en suivant l'évolution des versions d'Android/iOS/WindowsPhone, et la plupart de ces plugins sont plutôt simples d'utilisation, en plus d'être de qualité.

Enfin, comme exposé quelques lignes plus loin, Cordova en lui-même est plutôt simple d'utilisation. Installé en 22 caractères avec le gestionnaire de package NPM, il suffit de connaître quelques lignes de commande pour commencer à l'utiliser. La courbe d'apprentissage est nettement moins longue que pour React Native par exemple.

Les partisans des langages natifs, Swift, Objective-C et autre Java rétorqueront sans doute que les performances sont bien moindres qu'en utilisant un langage natif. Par définition, comme le code compilé par Cordova n'est pas natif mais interprété, il n'est pas mensonger de dire que le temps d'exécution de ce code est légèrement supérieur à celui d'un code natif. Mais aujourd'hui, au niveau d'aboutissement des frameworks cross-platform tels que Cordova, et vu la puissance des terminaux actuels, la différence de performance est MINIME, il n'y en a pratiquement plus.

Comment cela se traduit-il techniquement ?

Pour installer Cordova, il faut d'abord installer NodeJS (pour utiliser le gestionnaire de package NPM). Par la suite, dans votre terminal, exécutez la commande suivante :

npm install -g cordova

Cordova est alors installé.

Ensuite, pour créer un projet Cordova : "cordova create MonProjet net.netnco.app NomDeVotreAppli". MonProjet étant le nom que va prendre votre dossier, net.netnco.app étant le nom du package de l'application (facultatif), NomDeVotreAppli étant le nom (facultatif) que prendra votre application lorsqu'elle sera compilée ou déployée. Ces valeurs sont modifiables à tout instant dans le fichier config.xml qui va être créé dans votre dossier.

Une fois dans votre projet, vous remarquerez les dossiers suivants :

  • hooks/ : ce dossier n'existe plus dans les versions > 10.0
  • node_modules/ : ce dossier contient les modules NodeJS
  • platforms/ : ce dossier est celui dans lequel sera compilé l'application, contenant plus tard des dossiers au nom des plateformes concernées comme "ios" ou "android"
  • plugins/ : c'est ce dossier qui contiendra les plugins Cordova
  • www/ : c'est ici que se trouveront les fichiers de développement, càd là où nous coderons l'application à proprement parlé.
  • Le fichier config.xml permet notamment de modifier le nom de l'application, sa description, le nom du package et de l'auteur (utiles lors de l'ajout de l'app sur un Store).
  • Le fichier package.json contient, lui, la liste des plugins et dépendances du projet.

Dans la version 10.0+ de Cordova, les dossiers node_modules, platforms et plugins sont créés seulement après l'ajout d'une plateforme ou après le premier déploiement du projet.

Dans les versions antérieures, ces dossiers seront créés à l'initialisation du projet mais vous devrez ajouter la première plateforme manuellement.

Pour avoir un exemple concret, lancez l'application dans l'invite de commande avec "cordova serve". Cela a pour effet, d'une part de vous créer les fameux dossiers manquants ainsi que de vous ajouter la plateforme "android", d'autre part de déployer l'application dans le navigateur web par défaut.

Vous pouvez y accéder depuis l'adresse affichée dans votre invite de commande, classiquement http://localhost:8000. Selon votre version, soit il vous faut cliquer sur le nom de la plateforme sur laquelle vous souhaitez simuler le lancement du projet, soit l'affichage est générique.

A l'initialisation, Cordova vous propose la structure suivante : un fichier index.html à la racine de www/ ainsi que les dossiers css/ img/ js/. index.html est pré-rempli avec un micro-template affichant l'écran ci-dessous :

Apache Cordova

Pour changer le texte "Apache Cordova" par exemple, modifiez la ligne 42 de l'index.html.

Pour ajouter une plateforme : cordova platform add [platform]:

cordova platform add ios

Un dossier "ios" est alors créé dans "platforms/".

Cela vous servira à dire à Cordova quelle(s) plateforme(s) doive(nt) être prise(s) en charge. Lors de l'ajout d'une plateforme, Cordova créera un dossier au nom de la plateforme dans platforms/, avec toute la structure nécessaire pour compiler votre application.

Pour générer l'application : cordova build [platform] :

cordova build android

Si vous avez installé le SDK Android, un fichier APK (extension des applications Android -en passe d'être remplacée par AAB) sera alors généré.

Pour déployer l'application directement sur un téléphone :

cordova run android

Cela nécessite d'avoir un téléphone branché à votre machine et opérationnel (débogage USB activé). Sinon, l'application sera déployée sur le simulateur. La bonne manière de faire lors du développement est évidemment de déployer l'application SUR le téléphone (ou un simulateur, si vous voulez tester l'application sur un OS que vous ne possédez pas ou une autre version.) et non dans le navigateur web. Deux raisons à cela : d'abord, il se peut que votre navigateur ne reproduise pas fidèlement certains comportements graphiques et fonctionnels qui se produiraient sur un véritable appareil Android/iOS/Windows, etc... D'autre part, dès que l'on commence à utiliser des plugins pour accéder aux fonctionnalités du téléphone, il devient compliqué, voire impossible, de tester le code produit ailleurs que sur un téléphone.

Bien entendu, cet exemple est simplifié à l'extrême. Tout l'intérêt est évidemment, dans ce dossier www/, de pouvoir inclure des projets web complexes, à partir de frameworks tels que VueJS et autres. Cordova servira alors à "encapsuler" notre application, et à faire la "passerelle" entre notre code web et le téléphone.

Pour conclure, rappelons qu'en terme de performances, Cordova fait face à des concurrents sérieux tels que Flutter ou React Native. Mais de par la grande liberté et les nombreuses possibilités qu'il offre, le doyen des technologies cross-plaform pour le web et les mobiles reste aujourd'hui l'une des meilleures solutions du marché, aisément abordable techniquement.

Nous verrons plus en détail dans un article ultérieur l'ajout et l'utilisation de plugins, ainsi que le déploiement et le débogage sur un appareil.

Comment motiver une équipe avec le Design Thinking ?

19/05/2021

Comment motiver une équipe avec le Design Thinking ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à vous faire part d’une expérience personnelle qui m’a éclairée des années après et qui guide encore une bonne partie de mes interventions : ce que j’ai appris en étant ouvrier.

Lorsque j'ai commencé à travailler, j'ai enchaîné les petits boulots, certains déclarés, d’autres non, il fallait manger. J’étais jeune, motivé et déterminé. J’ai donc travaillé dans le bâtiment, la pose de meuble, la manutention, la conduite de ligne de production en tant qu’intérimaire ou tâcheron.

Ce que j'ai appris lors de ces premières années, c'est que la motivation est souvent mise à mal par la douleur physique que l'on ressent en fin de journée après avoir fait et des gestes répétitifs, des mouvements bizarres et le mal de dos en portant des charges lourdes. J'ai observé et vécu un grand manque de considération de certains managers terrain, certains étaient blasés et peu enclins à motiver ou manager les équipes.

Souvent les intérimaires que je côtoyais m'expliquaient comment ne pas trop se fatiguer et être bien vu par le chef pour espérer être prolongé. Oui, l'intérimaire qui est prolongé est celui qui fait le travail avec le sourire sans s'étonner des dysfonctionnements : expérience humaine intéressante.

Plus globalement, j'ai remarqué que les postes et organisations du travail ne permettaient pas souvent un travail efficace et ceci pour une raison simple; on fait avec, sans que ce que vivent les ouvriers ne soit remonté ou vécu par les managers ou décideurs.

D’ailleurs, j’ai également observé que les travailleurs expérimentés ont leurs propres méthodes de travail pour compenser les dysfonctionnements et atteindre les résultats attendus avec un minimum d’effort. La différence entre le travail théorique (prescrit)  et le travail réalisé (réel) est assez importante sur le terrain. Sans cette adaptation, il y a de nombreuses situations de travail qui se dégraderaient très rapidement.

J'avais alors associé le travail manuel avec le courage, la débrouillardise et la douleur physique. Lorsque j'ai travaillé en maintenance, j'ai persisté dans cette croyance et il m'est arrivé de me blesser. Cela faisait partie du travail dans ma tête, comme un risque et presque comme une fatalité.

Vivre et comprendre cela après un bac +5 en management, économie et gestion des entreprises m'a permis de comprendre que ce qu'on apprend à l'école manque cruellement d'empathie d’une part et ne permet pas de devenir un bon manager. J’ai d’ailleurs été un mauvais manager lorsque j’ai commencé à encadrer des équipes.

D'intérimaire à manager : partage d'expérience

Si vous souhaitez lire directement les conseils pratiques, vous pouvez passer ce paragraphe qui explique le cheminement qui m’a amené à adopter le Design Thinking.

Donc, après avoir travaillé comme ouvrier et technicien, j'ai évolué sur des fonctions de manager, dans des équipes de différentes tailles.

De part mon expérience passée, j'essayais de concevoir les organisations ou les petites machines pour et avec les utilisateurs dès que j’en avais l’occasion.

C’était étonnant de voir qu’au début, lorsque j’essayais d’impliquer les équipes dans l’amélioration de leurs conditions de travail, cela étonnait les équipiers qui souhaitaient garder une distance avec leur "hiérarchie”. Une technicienne m’avait dit en réunion d’équipe : “il y a l’encadrement d’un côté et l’équipe de l’autre”. Dans le service en question, la séparation entre les “gens du bureau” et les “gens du terrain” était très présente, hors de question de considérer le chef comme faisant partie de l’équipe.

Mais à force de travail, de session sur le terrain pour travailler avec les équipes, de disponibilité, de bons et mauvais moments partagés, une relation de confiance mutuelle a fait disparaître cette séparation chez la majorité de l’équipe. J'avais la chance également d'être épaulé par des managers qui étaient d'anciens ouvriers. Cela m'a beaucoup aidé car on parlait le même langage. A partir de ce moment-là, on a pu travailler main dans la main pour améliorer le travail.

Je me souviens avoir dit à un de mes collègues de l’époque : “ écoutes, je sais que tu ne veux pas que je vois les libertés que tu prends. Si le travail est bien fait, que tu ne te mets pas en danger, ni toi, ni tes collègues et que ce que tu fais permet de faire mieux, pourquoi cela ne m’irait pas ? ”. Cette petite phrase a à jamais changé la réaction de défiance et de méfiance qu’avait cette personne à mon égard, son N+2.

Bref, j’étais à la recherche d’un mode de management qui serait en accord avec mes principes et qui donnerait de meilleurs résultats. J’ai arrêté vers 2008 de chercher un mentor, je n’en trouvais pas et j'ai lu de nombreux articles sur le management participatif, sur l'animation de brainstorming. Je sentais que pour éviter les organisations de travail inadaptées, il valait mieux les concevoir avec les personnes qui allaient vivre avec. Je sentais également que ce qu’on appelle communément le bon sens et le data driven devaient guider mon management.

J’ai donc mis en place des indicateurs opérationnels avec les équipes terrains qui étaient compréhensibles par tous et qui permettaient non seulement de mesurer la productivité des postes et également pouvaient servir à organiser les plannings

Le Lean Manufacturing et le Design Thinking sont devenus des sujets d'intérêts pour moi bien que je trouvais leurs concepts un peu lourds à mettre en œuvre dans les organisations industrielles. On ne dispose pas toujours de données pour réaliser une approche six sigma et l’effort à faire pour les récolter demandait des investissements que ma direction n’était pas prête à consentir. Donc il fallait travailler autrement, en mode Guérilla, en mode Commando, avec des Sprints d’un côté et en faisant du test and learn constamment et surtout il fallait donner du sens au travail.

Je vais détailler ce mode de fonctionnement avec un exemple concret.

Un projet de conception de machine

J'ai eu la chance de travailler sur la conception de machines de production. Notamment un projet qui consistait à simplifier une installation industrielle. Je n'avais pas à l'époque de salle de réunion dans mon service. J'ai donc organisé des réunions de travail en salle de pause, à côté des machines à café, avec les opérateurs de production qui connaissaient bien le process, les techniciens de maintenance qui allaient en faire la maintenance, le service méthode, les automaticiens et les managers de production qui allaient devoir exploiter l'équipement.

Nous avons commencé à travailler à partir de pages blanches (certaines étaient tachées par du café). Nous avions :

  • listé les principaux problèmes rencontrés avec les installations existantes
  • définit les objectifs à atteindre
  • commencé à concevoir les différents type de fonctionnement de l'équipement :- implantation physique des différents sous systèmes- systèmes de régulation- mode de fonctionnement- les écrans de l'ihm- les structures pour permettre les phases de démontages, nettoyages et maintenances…

Tout a été conçu collégialement. Tout a été testés/améliorés par les utilisateurs. Nous avions même réalisé un prototype des pièces mécaniques qui avaient comme objectif de gérer des flux de particules en suspension. Les pièces ont ensuite été usinées d’après nos prototypes réalisés avec du plastique et des feuilles d’aluminium.

Nous avons réussi à modifier et optimiser un équipement industriel avec un budget minimum. Nous avons appris qu'on pouvait améliorer de nombreux aspects d'un équipement de production avec ces méthodes. Il présentait encore quelques défauts mais répondait au cahier des charges que nous nous étions donné et il fonctionne encore de nos jours.

Quelques mois après ce projet, un automate d'un équipement qui effectuait un process très similaire devenait obsolète. On devait changer l'automate et nous nous sommes réunis de nouveau pour appliquer la même méthode d'amélioration pour cet équipement sur l'automatisme et les IHM.

Ce fût une vraie réussite car nous avons sécurisé, fiabilisé et simplifié le fonctionnement de cet équipement. Surtout nous avions impulsé une dynamique de travail collectif et pluridisciplinaire de conception.

Dès lors, ces méthodes faisaient partie de mon mode de management et servaient tantôt à repenser les flux du service, l'implantation d'un magasin, l'organisation des consommables, l'amélioration d'un poste de travail, les approvisionnements des plantes, l'organisations des étuves, l'ordonnancement fin du service.

Ces expérimentations ont renforcé la relation de confiance que j’avais avec mes équipes. Nous travaillions main dans la main avec les opérationnels, des représentants du personnels qui travaillaient à l'usine, le service méthode et on a même réussi à intégrer sur certains projets la médecine du travail.

Nous savions qu'en procédant ainsi, les changements étaient plus positifs car portés par l'équipe. Je me suis approprié des méthodes inspirées de l'ergonomie, du design thinking, de l'école Bauhaus. J'aimais procéder par sprint et sans s'encombrer de certaines phases d'analyse de la données qui me semblaient chronophages. Je préférais faire confiance aux utilisateurs pour définir les priorités.

J'ai mené des projets sans budget, en mode débrouille complet, en faisant des essais avec des pièces bricolées pour essayer des choses et voir si elles marchaient ou pas. Nous ne communiquions pas toujours sur nos essais, cela faisait partie du quotidien. L'idée était d'améliorer notre quotidien et la productivité de notre organisation à moindre coût.

Résultats, avec des budgets d'investissement ridicules, en 3 ans, nous avons diminué par 2 les accidents de travail, par 2 les arrêts de travail, nous n'avons plus eu de retard de planning de production et nous avons amélioré la productivité de certains postes de 10 à 30%. L'équipe était motivé car chaque personne pouvait à son niveau apporter des améliorations dont il bénéficiait.

L'échec du cycle en V

J'ai également mené des projets informatiques, c'était mes débuts en factory 4.0. L’équipe DSI était alors composée de directeurs et de chefs de projets informatiques. Ils avaient leurs méthodes qu’il fallait suivre. Leur méthode était Cycle en V et cela fonctionnait bien tant qu’on ne touchait pas réellement à l’opérationnel. Et lorsqu’on a commencé à travailler sur les mises en place de MES, cela a montré ses limites. Je comprends que c'est pratique pour cadrer les interventions d'une entreprise de prestataires sur l'aspect maîtrise des coûts.

Nous avons failli “planter un très gros projet” car la phase spécification ne pouvait pas prendre en compte l’ensemble des cas possibles sur le terrain, ni compenser les dysfonctionnements générés par le système et l’organisation qui étaient compensés par les opérateurs.

Nous avons repris le projet avec mes collègues de la DSI, la Direction du prestataire de service, notre service qualité et les opérateurs en travaillant davantage avec une méthode participative pour relancer le projet. Ce fut une réussite primée d'un Award.

Ce sont ces mêmes méthodes que j'ai utilisées quelques années après lorsque j'ai mené des projets d'amélioration continue pour le groupe.

Conseils suite à mes expériences

Le Design Thinking est une méthode en 6 étapes cycliques

  • Empathie
  • Définition
  • Idéation
  • Prototype
  • Tests
  • Implémentation

Appliquer au management d’un projet voici mon conseil :

Empathie

Immersion > Intégration > Création de collectif de travail

Si vous devez améliorer une situation dans une organisation, la meilleure façon de le faire est de créer une culture de l’amélioration. Pour cela, la première étape consiste à créer un climat de confiance. Soyez patient et expliquez clairement ce que vous souhaitez atteindre comme objectifs. Révisez vos objectifs pour les faire concorder avec ceux de l’équipe. Sachez qu’aucune action ne sera pérenne si vous n’arrivez pas à impliquer le collectif de travail. Donc la première étape est une étape d’immersion et d’intégration à l’équipe. N’ayez pas peur de remonter vos manches et de travailler avec les équipes sur les process à améliorer. C’est la meilleure garantie que vous pouvez donner à vos équipes de votre implication et de votre volonté d’améliorer leur quotidien.

Une fois que vous aurez vécu avec votre équipe la situation de travail, vous irez beaucoup plus vite sur la phase définition.


Définition

Concrètement quand je réalisais ce type de réunion c’était une série de 1 à 3 réunions d’une heure avec les opérationnels.

Lors de la première réunion, avec votre équipe, vous définirez les problèmes rencontrés, des objectifs opérationnels qualitatifs quantitatifs, les problèmes à résoudre en priorité, les améliorations attendues et mettre en place les KPIs pour mesurer la performance avant amélioration.

A l’issue de ce premier atelier, vous pourrez identifier les ressources externes à mobiliser pour avoir une équipe totalement autonome sur la conduite du projet.

Vous pouvez déjà lancer la récolte d'informations par les opérationnels. Cela peut se résumer à collecter des photos ou des petits films d’illustrations des problèmes ou des statistiques. 

L’objectif est de pouvoir montrer ces supports à des personnes externes au service pour parler le même langage, leur montrer simplement les problèmes, sans jargon technique.

Lors de la seconde réunion, avec votre équipe et les ressources externes (responsable qualité, informatique, automaticien, responsable méthode, …) vous présenterez les problèmes rencontrés et les premières pistes et pourrez définir avec les équipes supports comment vous allez segmenter l’approche et prioriser le traitement des problèmes.

A ce stade vous aurez constitué des petites équipes, découpé le problème en plusieurs petits problèmes plus simples à résoudre et vous aurez défini vos objectifs.

Vous pouvez dorénavant lancer les brainstormings pour chacun des petits groupes de travail.

L’idéation et Prototypage

Concrètement, pour permettre aux équipes de réaliser ces brainstormings, vous devez organiser des réunions et leur libérer du temps pour y participer. Rien de neuf sous le soleil. Les brainstormings d’idéation sont assez simples à animer quand chaque personne connaît tout ou partie du problème. J’aime bien faire la partie idéation et prototypage en même temps. C’est surtout très intéressant lorsqu’on doit repenser une façon de travailler, une organisation. On débat, on définit une ou plusieurs idées, on les priorise et on décide lesquelles on teste.

Une fois qu’on a décidé, on prototype et on teste. Parfois même lorsqu’on n’arrive pas à se mettre d’accord, c’est intéressant de dire : “ on teste l’idée 1, x temps et on teste l’idée 2, x temps et on voit ce que cela donne ”.

Tests

C’est à cette étape que l’on voit ce qui marche et comment on peut l’améliorer pour que ça fonctionne. Et croyez-moi, c’est également là que les idées opposées s’hybrident, se complètent, s’additionnent. Et parfois ça ne fonctionne pas et c’est bien de le savoir. Ce n’est pas grave.

Il est important à cette étape de pouvoir revenir en arrière pour éviter les flops. C’est donc un moment important.

Si en une phrase je devais résumer ce qui est important d’avoir en tête lors des tests, je citerai Jean-Pierre Ceccaldi, mon premier responsable quand je travaillais dans la maintenance qui m’a dit une phrase pleine de bon sens : “Ne modifies pas un système de façon définitive avant d’avoir testé que ça marche. Débrouille toi pour toujours pouvoir revenir en arrière assez rapidement.”

Si vous avez ceci en tête, vous pourrez réaliser de nombreux tests sans prendre de gros risque. Le test est le moment de l’amélioration du concept et de la validation de celui-ci. Autre chose importante que j'allais oublier : ce sont les futurs utilisateurs qui testent et vous vous notez les améliorations à réaliser.

Implémentation

Une fois que la solution est testée, il faut la mettre en place et mesurer l’amélioration sur le moyen terme.

Vous pouvez passer à l’officialisation du changement et au monitoring des résultats de celui-ci. Comme tout changement, il mettra en lumière d’autres problèmes que vous n’aviez pas encore identifiés et sera à améliorer par l’expérience.

Mesurez les résultats obtenus et communiquez sur ceux-ci auprès de vos équipes, voir dans l’entreprise si ces derniers sont vraiment remarquables.

C’est une opportunité de valoriser le travail collectif du groupe de travail et parfois de faire la fête !

De ces aventures, la motivation de vos équipes se nourrit et vous créez une histoire commune.

L’ergonomie et la médecine du travail : des rencontres humaines formidables

Pendant la période à laquelle je fais référence dans cet article, il y a deux personnes que j'ai rencontrées qui ont radicalement changé ma façon d’aborder le travail.

La première s’appelle Amandine Quinçon. Elle est ergonome et je l’ai rencontré lors d’une analyse de poste de travail d’un équipier dans l'unité de production dont j'avais la responsabilité. Amandine m'a expliqué, sans me culpabiliser, les notions de charges mentales, comment apparaissent les troubles musculo squelettiques, elle m’a fait comprendre ce que j’avais du mal à voir : ce n’est pas la dureté d’un travail qui le rend admirable. 

Elle a su aiguiser ma curiosité sur l'ergonomie au sens large en me conseillant de nombreux livres à lire. J'ai alors compris que ma vision du travail était complètement erronée. J’échange régulièrement avec elle et nous avons lié une relation d’amitié.

Grâce aux lectures qu’elle m’a conseillées et à nos discussions que j’ai compris que le savoir-faire d’une équipe réside précisément dans sa capacité d’adaptation et donc dans l’écart naturel qu’il y a entre le travail réel et le travail prescrit.

Ceci a changé mon approche de la conception des organisations, je laisse volontairement des marges de liberté dans mes approches pour permettre l’expérimentation et l’amélioration continue par l’expérience. Ceci a également changé mon approche du knowledge management, mais c’est un sujet trop long pour l’aborder dans cet article.

La seconde personne est le Dr Marie Dominique Le Merrer Layrisse, qui était Médecin du travail et avec qui j’ai pu échanger et construire des organisations de travail. En qualité de médecin de travail, elle faisait preuve d’une véritable bienveillance, d’une implication incroyable pour assurer le bien-être des salariés et il m’est arrivé d’échanger formellement et informellement avec elle sur des organisations possibles. L’éclairage d’un excellent médecin du travail est un vrai plus si vous souhaitez prendre de bonnes décisions.

En résumé 

Pour améliorer les performances de votre équipe et la motiver, vous devez impérativement :

  • vivre des choses avec elle pour être en empathie et vous y intégrer,
  • créer une culture du partage des problèmes rencontrés avec votre équipe,
  • définir des objectifs communs pour motiver les différentes parties prenantes,
  • créer des rituels incluant des services supports et/ou des prestataires de confiance,
  • décomposer les problèmes en plusieurs petits problèmes, les prioriser et constituer des équipes pluridisciplinaires en charge de les régler,
  • permettre des brainstorming lors desquels chacun s’exprime,
  • prototyper, tester, améliorer jusqu’à trouver une solution qui améliore la situation,
  • ne pas avoir peur de l’erreur et l’accueillir comme un apprentissage,
  • implémenter, suivre les indicateurs de réussite,
  • célébrer les réussites.

En somme, apprendre ensemble à construire son organisation et ses outils de travail.

Si vous souhaitez plus d’informations sur les ateliers de co-construction (design sprint, audit terrain, animation de brainstorming…) que nous animons, n’hésitez pas à nous contacter. Ce serait un plaisir de lancer cette dynamique avec vous.

Contactez-nous

Crédits photos : Adobe Stock

Identité Sonore et Marque

04/05/2021

Identité Sonore et Marque

Si l'expression " communication visuelle " s’est largement répandue et parle à tout le monde, il est aujourd’hui beaucoup plus rare de parler de " communication sonore ".

Et pour cause, l’évolution du Web a fait que le son a peu à peu disparu des sites internet, considéré comme trop intrusif et démodé ; la plupart des sites actuels sont désormais dépourvus d’habillage sonore.

Pourtant, celui-ci est toujours bien présent et joue un rôle considérable dans de nombreux supports de communication :

  • vidéos corporates
  • spots publicitaires
  • montages/vlogs destinés aux réseaux sociaux

L’habillage sonore, c’est ce qui va faire la différence quand l’internaute va “de-mute” une vidéo pour en savoir plus, ce qui va faire qu’il reste ou qu’il parte en courant ! 

L’habillage sonore va également vous permettre d'améliorer l’UX de vos applications,  en offrant à l’utilisateur une expérience globale, plus immersive et agréable.

Les qualités d’un bon habillage sonore 

Adapté au produit, au message


Que ce soit au Cinéma, dans la Publicité ou sur le Web, le choix de la bande son est crucial !

👉 Vous présentez un produit tech, avec des technologies innovantes ?  

✅ Votre bande son doit correspondre à cet univers : évitez les ambiances guillerettes ou trop légères et privilégiez des sonorités mystérieuses, profondes et futuristes !

👉 Vous souhaitez promouvoir une activité artisanale, un produit bio ? 

✅ Optez pour une musique plus légère, épurée avec peu d’instruments mais une mélodie de tête entraînante, pour évoquer la proximité et la simplicité.

Cette vidéo humoristique souligne de manière simple l’importance de faire concorder image et son, afin de délivrer le bon message  :

Jurassic Park

Entraînant, facilement mémorisable


Un habillage sonore  doit allier simplicité et efficacité, dans le cas du logo sonore ou “jingle” vous devez être capable de reconnaître la marque en moins de deux secondes !

Voici quelques exemples marquants :

👉 NETFLIX

Reconnaissable immédiatement et pourtant... tellement simple ! 

JINGLE NETFLIX

  • Deux percussions 
  • Une nappe 

Les percussions annoncent à la manière de l’ancien tambour du village, que quelque chose d'important va se passer, en quelque sorte la version minimale et épurée du mythique jingle de la 20th Century Fox !

La nappe un peu traînante amène une notion de mystère qui donne envie d’aller plus loin et de découvrir l’offre plus en détail.

👉 AUDI

Dans le même esprit que Netflix, Audi signe la fin de ses spots publicitaire d’une empreinte sonore facilement reconnaissable :

JINGLE AUDI

Ici, la double percussion évoque un cœur qui bat, la passion et l’émotion qu’est censée provoquer l’achat ou la possession d’un véhicule de la marque (cible de passionnés, beaucoup de sportives dans la marque).

L’habillage sonore dégage aussi une certaine rigueur propre à l’image que veulent communiquer les marques allemandes et qu’attend le client, autant sur le plan esthétique que dans le comportement routier : pas de fioritures mais de l'efficacité ! 

👉 SNCF

Simplicité, efficacité : 4 notes, une voix (en réalité deux voix mixées) 

SNCF - Signature

Les notes choisies donnent une mélodie plutôt aérienne et légère, soulignée par une voix douce. Il s’agit évidemment de rassurer et détendre l’usager en gare, qui est potentiellement soumis à divers stress propres au lieu et à l’activité qui y règne : agitation, foule, retards.

Le jingle a ici un rôle à la fois informatif et doit attirer l’attention tout en restant apaisant.

Le coup de génie de la SNCF (ou plus exactement de l'agence “Sixième son” qui a produit le jingle) a été d’avoir réussi à rendre le son tellement populaire que celui-ci a été repris et détourné par des artistes.


Là où en temps normal la publicité emprunte aux œuvres musicales originales pour aider à vendre un produit, c’est ici le cas l’inverse : la signature sonore de la marque, devenue un “gimmick”  a enrichi le patrimoine musical, décuplant ainsi son potentiel marketing.

REMIX ELECTRO SNCF

Quand David Gilmour des Pink FLoyd reprend votre jingle, vous savez que vous avez réussi un coup !

David Gilmour - Rattle That Lock (Official Music Video)

Ces exemples démontrent toute l’importance de l’habillage sonore dans la communication et la définition d’une identité de marque : quels messages et émotions souhaitez-vous véhiculer ? 

Original


L’usage répandu pour les grandes marques est d’utiliser une musique déjà très connue afin d’impacter facilement, sûrement et rapidement son audience. 

Exemple : Pub MMA 

Pub MMA

(musique originale : Princess Erika - “Trop de blabla”)

Malgré l’efficacité redoutable du procédé, le coût financier important de la démarche écarte systématiquement les petites et moyennes structures, qui doivent alors faire preuve de créativité ou utiliser des musiques libres de droit.

Pratiques mais peu originales : les musiques libres de droit


Souvent dans les productions vidéos Web, la musique est considérée comme un élément secondaire voire facultatif et il est d’usage de piocher dans des banques de son gratuites afin de finaliser une création.

 Au-delà du gain de temps et financier évident, l’usage excessif de musiques libres de droit conduit à une uniformisation générale des contenus : n'avez-vous jamais eu ce sentiment de “déjà vu” (entendu en l'occurrence) en regardant des vidéos sur Internet ? 

En outre, une musique peu originale atténuera sensiblement l’attention de l’auditeur, qui s’intéressera mécaniquement moins au message véhiculé et au contenu, diminuant ainsi son impact commercial.

Dans l’idéal : les compositions originales


Elles sont ce que la haute couture est au prêt-à-porter ! Créées pour correspondre parfaitement à votre contenu et véhiculer votre image, elles vous permettent de vous démarquer et de rendre votre communication plus pertinente.

Elles facilitent également la compréhension du message en optimisant la cohérence son/image/texte. 

Ici, l’exemple ultime avec une publicité pour la marque Quechua : la musique, créée par un studio spécialement pour ce spot a rencontré tellement de succès que les gens demandait où se procurer le titre, qui n’était évidemment pas disponible... 

Un exemple de composition originale parfaitement réussie !

Quechua " the finest hotel in the world " @FredFarid

Et pour votre communication sonore à vous ? 

Chez NETNCO, nous vous proposons de vous démarquer avec originalité en créant des contenus sur-mesure et adaptés à vos besoins, n’hésitez pas à nous contacter pour échanger sur vos projets !

Crédits photos : Pixabay, Pierre Silviet-Carricart, OmarMedinaFilms, IADE-Michoko, Disney, Sammy-Williams

Et si vous rentriez dans la peau d’une stagiaire ?

27/04/2021

Et si vous rentriez dans la peau d’une stagiaire ?

Je suis Prescillia, j’ai 22 ans et je suis encore étudiante. Si je rédige cet article, c’est pour vous présenter une tranche de vie ordinaire d’une stagiaire extraordinaire en entreprise – ma tranche de vie – et vous montrer qu’au cours d’un stage, il est possible de réaliser un projet riche et utile à une entreprise.

Mon stage de quatre semaines s’est déroulé au sein de l’agence Netnco, et j'ai eu le grand honneur de rencontrer Guillaume et Nicolas. Ces deux associés ont vraiment été adorables avec moi. Ils ont su me mettre à l'aise et m'intégrer totalement dans l'équipe.

Avant de faire ce stage chez Netnco

Mes trois années d’études en sociologie m’ont permis de m'ouvrir au monde et la diversité qui le compose. La découverte du monde, en toute humilité, et mes premiers questionnements "d’adulte" m'ont amené à me recentrer sur moi-même et à réfléchir à ce que je voulais réellement faire de ma vie.

La vraie question a été : que veux-tu faire Prescillia ? Je ne voulais pas simplement un métier qui rapporte de l'argent et qui me permette de subvenir à mes besoins. Je veux exercer une activité qui me passionne réellement et dans laquelle je puisse m'épanouir, ceci en combinant mes compétences analytiques, mon engouement pour les réseaux sociaux et ma passion pour la mode. La communication m’a toujours attiré. Souvent mêlée au marketing, elle touche de nombreux domaines, dont celui de la mode.

Je me suis donc renseignée auprès d'écoles de communication. J'ai postulé auprès de deux écoles et, à ma grande surprise compte tenu de ma réorientation professionnelle, j'ai réussi ces deux concours.

« Et comment as-tu trouvé ton stage ? ». Assez simplement, en vérité. J’ai d’abord fait des recherches autour de Fréjus, Saint-Raphaël, Puget-sur-Argens… Puis, voyant que je rencontrais quelques difficultés à trouver un stage, j’ai élargi mon périmètre aux villes alentours ; Cannes, Mandelieu, Antibes… et j’ai trouvé l’agence Netnco. J’ai ensuite fait fonctionner mon réseau afin de pouvoir décrocher un entretien.

Notre premier contact s’est fait par téléphone, début mars. J’ai dû exposer mes motivations, et aussi parler de mes expériences professionnelles, de mon profil… Durant ce premier entretien, nous avons convenu d’un rendez-vous à l’agence, courant mars. Cet entretien a été légèrement stressant pour moi, puisque je devais « faire mes preuves ». Nicolas et Guillaume m’ont accueilli, ils m’ont fait visiter l’agence et m’ont présenté aux personnes travaillant avec eux : Alison, Chloé, Kim et Dylan. Puis, nous nous sommes installés autour de la table de réunion afin de discuter du déroulé du stage et des objectifs de ce dernier. Mes capacités à pouvoir créer des enquêtes et questionnaires, afin de mener des analyses, ont beaucoup intéressé Nicolas et Guillaume.

Ma mission, 4 semaines pour réaliser une étude

Les objectifs de mon stage, que nous avons conjointement fixés, étaient les suivants :

  • Créer un questionnaire afin de réaliser une mini-analyse de marché pour le développement d’une application mobile,
  • Collecter et analyser les données du questionnaire afin de rendre compte de l'intérêt des utilisateurs,
  • Créer un diagramme de Kano d’aide à la décision pour permettre la priorisation des fonctionnalités à développer.

Le planning de mes taches a été défini de la manière suivante :

  • Première semaine : construction d’un questionnaire,
  • Deuxième semaine : diffusion du questionnaire,
  • Troisième semaine : analyse des réponses et définition des priorités,
  • Quatrième semaine : rapport, rédaction d’un témoignage et participation à la vie de l’agence.

Première semaine, le bond dans l’inconnu

L’application mobile sur laquelle porte cette mini-analyse a pour objectif de proposer des services aux professionnels de proximité. Nous avons rapidement identifié deux personae : les professionnels de proximité (artisans, commerçants, entrepreneurs…) et les consommateurs en quête de consommation locale et raisonnée. Puis, nous avons défini les actions sur lesquelles je devais me concentrer.

Cependant, à quelques jours du début de mon stage, les annonces gouvernementales pour les Alpes-Maritimes nous ont contraints de passer en télétravail. L’entreprise s’est organisée avec un seul jour en présentiel à l'agence par semaine. Et j’ai dû travailler de chez moi à la création des questionnaires.

Je devais réaliser deux questionnaires : l’un pour les consommateurs / utilisateurs de l’application et l’autre pour les professionnels. Durant les trois premiers jours, j’ai donc travaillé en toute autonomie. Jeudi, nous avons fait un debrief sur Teams avec Nicolas et Guillaume. À la suite de cette réunion, j’ai pu ajuster le questionnaire pour les professionnels.

Pour la réalisation des questionnaires, j’ai découvert Google Forms que j’ai utilisé pour la première fois.

Cette première semaine s’est donc conclue par la validation de mes questionnaires. J’ai également débuté une recherche préalable des cibles prioritaires afin de leur communiquer ces questionnaires durant la deuxième semaine.

Deuxième semaine, les aléas de la prospection et diffusion du questionnaire

Cette deuxième semaine a été consacrée à la diffusion du questionnaire. J’ai commencé par ce qui me semblait être le plus évident et logique : les réseaux sociaux, notamment Facebook. J’ai intégré des groupes d’entrepreneurs, de commerçants et d’artisans. Pour toucher les consommateurs, j’ai choisi d’intégrer des groupes de personnes recherchant des « bons plans », désireuses de consommer local et qui soutiennent les commerces de leur ville.

Durant cette diffusion, nous avons fait face à un premier constat. En effet, les consommateurs semblaient plus intéressés et concernés par l’application et le questionnaire. Pour moi, il a été plus difficile de trouver des professionnels que des consommateurs pour répondre aux questionnaires.

J’ai donc approfondi mes recherches en faisant de la prospection directement auprès des commerces : petits restaurants, coiffeurs, épicerie, boutique de vêtements… Je les ai contactés par téléphone afin de leur expliquer ma démarche. Puis, je leur ai fait parvenir par mail le questionnaire, afin qu’ils puissent y répondre. Je leur ai également demandé de bien vouloir le partager à leurs collaborateurs et confrères afin de maximiser le nombre de participations.

Enfin il m’a paru essentiel de contacter des associations de commerçants, d’auto-entrepreneurs et d’artisans, engagés dans la défense de l’artisanat et des commerces de proximité. Leur objectif est de promouvoir la consommation locale, le tissu économique ainsi que leur terroir.

Durant ce processus, j’ai été accompagné par Guillaume et Nicolas qui ont également fait appel à leurs contacts.

Troisième semaine, place à l’analyse et à la récolte des données

A la suite de ce travail de prospection, nous avons pu récolter 120 réponses de consommateurs et 75 réponses de professionnels. Nous avons converti ces données en tableau, sous Excel, pour nous permettre de les analyser, en les représentant sous forme de courbes. Nous avons comparé ces courbes à celles présentes sur le diagramme de Kano. Le diagramme de Kano permet d’observer la satisfaction et l’insatisfaction des individus étudiés.

Les données, tableaux et courbes nous ont permis de tirer des conclusions de cette mini-analyse de marché. Nous avons pu prioriser les fonctionnalités indispensables, puis les fonctionnalités différenciantes, c’est-à-dire celles qui amèneraient un plus à l’application, et enfin celles qui ont suscitées le moins d’intérêt chez les personnes interrogées.

Guillaume et Nicolas m’ont aidé à réaliser cette analyse et à faire ressortir ce qui était important. Ils ont su écouter mes points de vue, essayer de comprendre ma vision sans m’imposer la leur. J’ai vraiment apprécié cette phase d’analyse puisque je les ai trouvés réellement intéressés par ce que j’avais à proposer.

Cette semaine a aussi été marquée par une journée de tournage vidéo pour un autre projet qui s’est déroulé le jeudi, avec Alison, la photographe et vidéaste de l’agence. Je n’avais encore jamais réellement travaillé avec Alison que j’ai pourtant côtoyée lors de mes journées à l’agence. J’ai pu découvrir « l’envers du décor » d’un tournage. Se retrouver derrière la caméra est un véritable travail par étapes. D’abord, Alison réalise une feuille de service, afin de visualiser et organiser le tournage, pour permettre aux concernés de savoir comment il va se dérouler.

Durant ce tournage, j’ai pu découvrir l’équipe dans une toute autre atmosphère. D’ordinaire, l’ambiance à l’agence est plutôt sérieuse et studieuse, même si les moments de détente et de partage agrémentent les journées. Lors de ce tournage, l’atmosphère était particulièrement détendue et chaleureuse, ce qui m’a permis de découvrir une autre facette de Guillaume, Nicolas, et toute l’équipe.

Quatrième semaine, rédaction de mon témoignage et participation à la vie de l’agence

Durant cette dernière semaine de stage, j’avais pour mission de rédiger mon témoignage en vue de le publier sur le site de l’agence. Le but était de partager mon expérience au sein de l’agence ainsi que le travail que j’ai pu y effectuer, tout en montrant qu’un stage de 4 semaines est vraiment utile à l’entreprise lorsqu’il est encadré et réalisé avec méthode.

Le télétravail, quelle galère

J'ai connu les cours à distance, mais le télétravail est totalement différent. D’autant plus que, en tant que stagiaire, ma place dans l'entreprise n'était pas faite, il m’était donc difficile de savoir exactement quoi faire.

Cela m’a permis de me rendre compte à quel point le relationnel, la communication et la discussion sont les clés pour garantir une bonne entente et une bonne compréhension afin de réaliser un bon travail. Ce qui vous paraîtra certainement relever de la logique et de la banalité est pourtant une réalité implacable. Il ne suffit pas de demander comment ça va ou de s'informer quelques fois sur les uns, les autres et sur le travail à fournir. L’important est de savoir se rendre disponible à n'importe quelle heure de la journée afin de pouvoir discuter, débattre et amener de nouvelles idées.

L’adaptation était le maître-mot. Nicolas et Guillaume ont fixé un jour de présence à l’agence : le lundi. Ce jour, permettait à tout le monde de faire le point de la semaine passée, ainsi que de celle à venir. Durant cette journée, aux alentours de dix heures une réunion était réalisée. Les autres jours, j’ai donc travaillé en toute autonomie de chez moi. J’ai pu m’organiser avec Guillaume et Nicolas pour faire des visios lorsque cela était nécessaire.

En conclusion, nous avons trouvé des solutions au confinement, qui paraissait être un obstacle. Cela m’a permis notamment de développer mon autonomie, ainsi que mon adaptation. Nicolas et Guillaume ont su s’adapter et s’ajuster à la situation afin que je puisse réaliser mon stage dans les meilleures conditions.

Réflexion personnelle

Guillaume et Nicolas ont été présents tout au long de ce stage, ils ont su être à l’écoute de mes attentes et de mes doutes. J’ai également pu profiter de leurs conseils dans un cadre hors travail, notamment par rapport à mon orientation professionnelle. Ils m’ont notamment donné de nombreux conseils pour travailler dans la communication afin d’agrandir mon réseau.

Si je devais dire un mot pour décrire l’entreprise Netnco, je dirais : agréable. Agréable, dans le sens où l’environnement n’a rien de pesant. Les personnes qui composent l’agence sont bienveillantes, profondément gentilles. Je n’ai pas ressenti de compétition malsaine, la comparaison n’y a pas sa place ! Chacun a quelque chose à apporter à l’entreprise, dans des domaines différents. Le but n’est pas d’être le meilleur partout, mais plutôt de donner le meilleur de soi-même afin que cela profite à l’entreprise. L’entraide permet à chacun de développer et d’améliorer ses compétences. Le droit à l’erreur est accepté, la compréhension et la bienveillance sont vraiment les termes qui définissent parfaitement l’agence. Si vous avez un projet et que vous avez besoin de conseils, besoin d’être écouté, si votre projet nécessite des personnes performantes, ouvertes d’esprit et qui sauront répondre à vos attentes : vous êtes au bon endroit !

Netnco en quelques mots : authentique, performante et empathique.

Comment manager une équipe plus facilement avec le digital ?

22/04/2021

Comment manager une équipe plus facilement avec le digital ?

Je souhaite expliquer ma vision de l'évolution du métier de manager rendu possible par les solutions digitales et technologies 4.0

Vous êtes manager. Vous savez mieux que quiconque que votre métier demande de nombreuses compétences et qualités humaines. Vous devez porter la vision de l'entreprise, donner des objectifs, suivre leurs atteintes, gérer le quotidien et les aspirations de vos équipiers.

Le manager moderne est donc un gestionnaire et un leader.

Le management, pourquoi ?

Si vous êtes un manager chevronné, passez ce paragraphe pour rentrer dans le vif du sujet. Je pose ici le contexte et une analyse du rôle du manager.

Les organisations de travail sont héritées des modèles d'organisation des sociétés. Le secteur privé est un secteur dans lequel des investisseurs, des propriétaires possèdent une société et souhaitent avoir des revenus du fruit du travail de ces sociétés. D'autres investisseurs achètent des parts de société sous forme d'actions et souhaitent se rémunérer sur l'augmentation de la valeur boursière de l'entreprise. Ces derniers sont souvent plus éloignés de l'entreprise et ne sont pas partie prenante des décisions d'orientations. Ils induisent, par leurs actions d'achats/reventes, des actions et réactions indirectes des DAF ou Conseils d'administrations qui souhaitent maintenir ou accroitre la valeur financière de l'entreprise.

On comprend que dans les entreprises il y a des objectifs, et peu de place pour une organisation démocratique. En effet, les organisations traditionnelles sont souvent de type militaire (voir féodal) et hiérarchisées.

Il y a des décideurs et des exécutants pour faire simple ; je dis "pour faire simple" car c'est une vision caricaturale quand on sait le nombre de décisions que doit prendre un ouvrier au quotidien pour mener à bien ses tâches, tant l'écart entre le travail prescrit et le travail réel est grand. Mais c'est un autre sujet.

Mais l'homme n'est pas un mouton et ne se conforme pas à des ordres sans en comprendre le sens ou sans avoir un objectif.

Il y a différents types d'objectifs qui sont alors dans l'équation :

  • les objectifs personnels : gagner de l'argent, être reconnu, apprendre, progresser
  • et les objectifs d'entreprise : plus de rentabilité, de profitabilité qui sont déclinés en objectifs plus applicables sur le terrain, "moins de non conformité", "moins de pannes", "plus de productivité" par exemple ou encore "moins de déchets", "plus écologiques" etc...

Les objectifs d'entreprises, pour être atteignables, sont déclinés par les managers en objectifs terrain compréhensibles, mesurables et atteignables. Et pour y arriver, le manager doit maintenir un niveau de motivation en étant à l'écoute des objectifs personnels que se sont fixés les équipiers.

On comprend alors le sens du métier des managers qui font le lien entre les aspirations de l'entreprise et celles des femmes et hommes qui les réalisent. Leur rôle est d'atteindre les objectifs d'entreprise et cela passe par des compétences de gestion de ces femmes et hommes. Mais l'humain c'est de l'imprévu, cela demande du temps, de l'engagement et de l'écoute.

Beaucoup de temps...

Manager, votre métier et le digital

Selon une étude menée en 2015* :

  • 81% des managers sont satisfaits de leur fonction
  • 74% des managers ont des difficultés avec les outils de reporting et les usages numériques
  • 56% sont insatisfaits par le manque de lieux et de temps de partage sur leur travail

Les managers seraient heureux de leur travail, overbookés et en difficultés avec les outils de reporting. Pourquoi cela ?

En 2017, d'après le baromètre Croissance et Digital des PME et ETI, 64% des ETI ont pris conscience et agissent en matière de transition digitale. Cela laisse entendre que 36% des ETI n'en ont pas conscience et que la transition digitale est en marche dans les entreprises, mais n'est pas encore arrivée à son déploiement complet.

Concrètement, comment le dashboarding se passe pour bon nombre de manager ?

Lorsque je fais des audits d'entreprise, je me rends compte, qu'au delà de ces chiffres nationaux, les managers utilisent un ERP, et la majorité du traitement des données qu'ils réalisent se fait avec des tableurs de type excel, notamment les reportings, les tableaux de bord.

Une fois par semaine ou par mois, le manager collecte les données concernant son activité sur différents systèmes d'informations, des ERP, des fichiers de suivi, des bases de données spécifiques à son métier, des fichiers excel. Il récolte les données et se pose alors ces questions :

Est-ce que j'ai toutes les données ? Est-ce que je réconcilie les heures de mes équipes entre le déclaratif et le pointage des présences ? Comment se fait-il que cette valeur est absente dans le fichier ? Est-ce une erreur de saisie ou est-ce qu'on a eu un vrai problème sur ce dossier ? Que s'est-il passé la semaine 4 ? Pourquoi n'ai-je pas le rapport journalier de Francis ? Quoi, il est déjà 19H ? Vous vous reconnaissez dans ces questions ?

Si oui, c'est que vous récoltez les données et les corrigez à la main car votre système d'information manque de fiabilité.

Analyse et reporting

Bon, OK, vous avez réconcilié vos données, maintenant vous passez à l'analyse de vos indicateurs. Vous comprenez quels sont les points à améliorer et vous commencez à réfléchir à des actions pour y remédier pour l'avenir.

Puis, vous réalisez votre reporting, vos tableaux et votre présentation Powerpoint pour l'envoyer à votre hiérarchie.

Votre hiérarchie vous demande des comptes, et c'est bien normal, elle doit en rendre à son tour et n'a pas les données tant que vous ne les avez pas fournies et analysées. Enfin, vous allez présenter votre Powerpoint à votre hiérarchie pour lui montrer que vous gérez correctement votre activité.

Tout ce temps passé est autant de temps que vous ne passez pas à optimiser le process de travail. Vous êtes dans une démarche de contrôle/réaction de l'activité. Comment alors passer du temps avec vos équipes si vous en perdez à traiter de la donnée ? Ces tâches sont intéressantes intellectuellement et même gratifiantes, mais sans aucune valeur ajoutée.

Le Reporting et le Tableau de Bord 4.0

Le déploiement des solutions 4.0 permet aujourd'hui d'avoir des données collectées directement sur le terrain. Le Edge Computing, le Cloud, les IIoT et les MES sont autant d'éléments qui permettent de connecter vos systèmes d'informations au terrain. Comme votre voiture. en fait. Lorsque vous accélérez, vous n'attendez pas d'être arrivé à destination pour savoir à quelle vitesse vous avez roulé.

Et si je vous disais que vous pouvez avoir vos tableaux de bord en temps réel ? Si je vous disais que vous pouvez avoir des alertes en temps réels de ce qui se passe mal, mais également quand tout se passe à merveille ? Et si je vous disais également que votre Dashboard est configurable comme bon vous semble, et que vous partagez les mêmes informations que vos équipes et que votre Direction en temps réel ?

Copie d'écran de Alpana de Code 192

Vous commencez à entrevoir les changements que cela apporterait à votre métier de manager ?

En partageant la même donnée en temps réel, vous pouvez agir sur les dysfonctionnements en temps réel avec les différents interlocuteurs pour trouver des solutions.

En ayant vos dashboards construits en temps réel, vous gagnez le temps d'agrégation des données pour vous concentrer sur des tâches à plus fortes valeurs ajoutées comme :

  • L'optimisation d'un process
  • L'amélioration des conditions de travail pour l'équipe
  • L'amélioration des indicateurs qualités, par exemple

Vous passez d'un travail de contrôle des données à celui de pilotage de la performance. D'autre part, votre Direction, ayant accès aux mêmes données que vous, peut suivre en temps réel votre travail, ce qui peut alléger une partie du temps de reporting ou en concentrant le reporting sur les actions d'améliorations en cours.

Vous commencez à voir l'impact de ce type de technologie sur votre rôle de manager ? Et à quel point cette révolution peut vous permettre de vous concentrer sur des tâches à plus fortes valeurs ajoutées ?

La copie d'écran que je vous ai mis dans cet article est celle de Alpana, une solution logicielle proposée par une entreprise amie de Netnco, la société Code 192. Je conseille souvent cette solution à nos clients industriels car elle est facile à mettre en œuvre, permet du dashboarding temps réel et se branche sur de nombreuses bases de données différentes. Mais ce n'est qu'un exemple.

Les outils collaboratifs et rituels de management

Ce sujet est brulant d'actualité dans le contexte Covid car, chers Managers, vous avez une difficultés de plus à gérer : le télétravail... le management à distance.

Alors sachez que depuis des années, les Managers commerciaux, une partie des Managers de maintenance et les entreprises digitales savent faire. Oui, pas besoin d'une crise pour manager à distance. Mais vous allez le voir, ces rituels et outils sont également très utiles en présentiel ou en mixte. En effet, vous pourriez réaliser un travail en commun sur un sujet avec des intervenants de services extérieurs ou des cotraitants à distance en utilisant certains de ces outils.

Voici quelques outils et rituels que nous avons mis en place chez Netnco qui peuvent vous aider.

Nous organisons une réunion de travail hebdomadaire le lundi matin. Lors de cette réunion, nous partageons nos avancements de la semaine passée, nous exposons les tâches à réaliser pour la semaine en cours et nous nous organisons. Cette réunion est l'occasion d'un partage. On fait également état des difficultés qu'on pourrait rencontrer et des bonnes nouvelles.

Puis chaque jour nous commençons la journée par un Hello sur Whatsapp. Nous avons créé un groupe Whatsapp sur lequel on échange des informations formelles et un autre dédié à la convivialité (échange de blagues, anecdotes etc...). Il est important de garder de la convivialité dans les échanges pour maintenir une cohésion d'équipe.

Nous nous appelons beaucoup également dans la journée lorsqu'on travaille en distanciel, et nous partageons nos écrans pour être à plusieurs dessus.

Les outils principaux que nous utilisons et que je vous conseille sont :

  • Fweeze : notre framework interne à l'entreprise
  • Miro : outil de brainstorming, mindmapping, c'est un grand tableau blanc collaboratif digital
  • La Google Suite : une suite bureautique collaborative (Docs, Sheets, Forms...) et de Drive
  • Figma : outil de prototypage d'écran
  • WhatsApp : messagerie instantannée

Ainsi, avec ces outils, nous pouvons travailler à plusieurs en même temps sur les mêmes fichiers, ce qui contribue à maintenir le sentiment de ne pas travailler seul, d'une part, et de co-construire ensemble.

Comment Netnco accompagne les managers dans cette transformation ?

Nous pensons que le digital doit vous faire gagner du temps et non en perdre. J'ai été manager dans l'industrie et tout ce dont je vous parle, je l'ai vécu. Pour vous accompagner vers une digitalisation temps réel, nous commençons par réaliser un audit 4.0 de votre activité pour comprendre les spécificités de votre métier.

Nous vous accompagnons pour définir les besoins, les spécifier au plus proche de vos usages pour vous faire gagner du temps et donc de l'argent. Nous réalisons des ateliers sur le terrain avec vous.

Puis, nous vous proposons les outils les plus adaptés à votre contexte d'entreprise. Il nous arrive également de développer des solutions sur-mesure avec des technologies web. Nous proposons également de vous mettre en relation avec des intégrateurs de solutions pour l'industrie.

Pour en savoir plus, ou commenter cet article, n'hésitez pas à nous laisser un mot en cliquant sur le bouton ci-après

Parlons de votre projet

Crédits photos : Mika Baumeister, Chris Liverani, Thisisengineering Raeng, Yasmina H, Franck Terlin

*étude CFDT Cadres 

La zone de confort... oui mais pour qui ?

18/04/2021

La zone de confort... oui mais pour qui ?

Je vous propose cette réflexion personnelle sur la zone de confort, basée sur une expérience personnelle.

Il y a quelques années, j'ai vécu une restructuration dans une entreprise dans laquelle je travaillais.

La zone de confort lors d'une restructuration

Pour vous expliquer, on ferme une usine du groupe pour des raisons économiques simples : le site principal est sous-chargé et l’activité de la filiale, bien que performante, peut être absorbée par le site principal. Pas de bol pour l’équipe de la filiale. La filiale était une PME performante avec une dizaine d’année d’existence et une équipe managériale très autonome qui s’est organisée en 12 ans selon leurs propres règles.

La Direction décide de fermer la filiale et l’équipe sera en partie sauvée. Elle prendra la Direction d’un des services du groupe sur le site principal.

Imaginez le choc pour cette équipe. Ils doivent déménager et dire adieu à leurs habitudes pour rejoindre le site principal.

Pourquoi perdre leurs habitudes ? Après tout, ils étaient plus performants que le site principal… sur le papier

Qu’à cela ne tienne, ils vont venir en apportant leurs bonnes pratiques de PME et devenir de vrais héros de la performance. C'était le plan du manager de ce site qui a réussi à expliquer qu'il amènerait un second souffle avec son équipe qui prendra les postes d’une partie des personnes du site principal.

C'est dans ce contexte que j'ai perdu mon poste de responsable de production pour évoluer vers l'amélioration continue.

Je comprends très bien que le manager de la filiale ait souhaité sauver son équipe. Il a expliqué à la Direction que si on lui donnait carte blanche et si il pouvait installer son équipe sur des postes à responsabilités, il allait faire mieux que les acteurs historiques.

Ceci est un témoignage sans aucune amertume car j'ai adoré bosser avec cette nouvelle équipe et cette situation m'a éclairé sur les degrés de maturité d'une entreprise, la force des petites structures et leurs faiblesses, et comment les organisations qui sont possibles à une échelle, ne le sont plus à une autre. Je l'ai mal vécu sur le moment et je me rends compte que j'ai beaucoup appris sur la résilience lors de cette expérience.

La Direction a accepté, le manager s’est engagé et a communiqué dans ce sens.

J'ai pu alors entendre les propos :

  • " vous allez voir, on va vous apprendre à travailler " 
  • ou encore " laissez faire les pros "
  • ou encore " oui il est meilleur que toi, tu dois faire le deuil de ton poste, digérer tout ça ".

C'était une situation tendue car personne n'avait droit à l'erreur dans cette transition.

Le changement c'est maintenant - La résilience vient après

Puis les personnes sont arrivées, conquérantes pour certaines, remontées à bloc, dénigrant parfois le travail et les méthodes en place.

Cependant, les contraintes sur le site principal n’étaient pas les mêmes que dans la filiale (les contraintes et les niveaux de liberté de décision).

Nous avons eu droit, de la part de la Direction, au discours sur la zone de confort… et c'est là que je me suis demandé si on nous tenait ce discours pour permettre à d'autres personnes de retrouver leur zone de confort.

Tous les acteurs historiques devaient sortir de leurs zones de confort pour se plier à la nouvelle vision du travail. L’ironie du sort c’est que, ce faisant, les personnes venant de la filiale ne faisaient que se conforter dans leurs propres zones de confort.

Les mois passèrent et ils commencèrent à comprendre les contraintes qu’ils n’avaient pas encore identifiées. Les organisations n’étaient pas aussi simples au sein d’un groupe de 1000 personnes que dans une PME.

Ils ont alors commencé à faire appel aux acteurs historiques qui avaient été quelques temps auparavant considérés comme "has been", voir mis au placard. Ils avaient besoin d’aide et n'avaient pas les clés pour comprendre une entreprise internationale.

La solidarité a repris le pas sur les tensions pour le bien de l’activité. Bien entendu, le management ne s’est pas excusé d'avoir mis des personnes volontaires et impliquées de côté, parce qu'elles ne venaient pas du site qui venait de fermer. Cela aurait été une marque de faiblesse de reconnaitre une erreur, management à l'ancienne.

La taille compte… surtout pour les entreprises

La leçon que j'ai tiré de cette aventure est qu’il faut être très vigilant lorsqu’un discours sur la zone de confort est répété en boucle. Bien souvent c’est une façon masquée de demander à une partie de la population de se plier aux souhaits d’un manager ou d’un groupe de personnes afin qu'ils aient moins d’effort à faire, pour qu’ils retrouvent leurs propres zones de confort (leur méthode, leur vision).

Soyez attentif à ce discours détourné sur la zone de confort. Le discours est à la mode et a un vrai sens en développement personnel pour apprendre à se dépasser. Dans ce cas là, c'était simplement un changement imposé qu'il fallait accompagner.

Pour conclure sur ce point, au global, la réorganisation a été bénéfique. Les personnes qui ont le plus soufferts de cette réorganisation semblent être celles qui venaient du site fermé. Elles ont dû faire le premier deuil de leur entreprise, le second deuil d'une vision idéalisée de leur arrivée en sauveurs du site principal.

Je suis ami avec ces personnes qui ont quitté l'entreprise par la suite. Ils ont été confrontés à une réalité plus dure qu’ils ne pouvaient l'imaginer.

Les grands groupes ne sont pas des environnements épanouissants pour tous et ce qui est valable dans une petite entreprise, ne l'est plus forcement dans une grande entreprise.

Il est intéressant de penser que dans le cadre des acquisitions d'entreprises, les grands groupes cherchent souvent des petites structures innovantes, dynamiques, avec de vraies spécialités et que parfois dans les intégrations, on peut perdre les qualités de l'entreprise acquise par le processus d'intégration. Se pose alors l'intérêt de ces intégrations… mais ceci est un autre sujet.

Si vous souhaitez des conseils pour accompagner ce type de mutation et que vous pensez que le digital peut vous apporter des méthodes et outils collaboratifs, n'hésitez pas à faire appel à nous. 

Crédits photos : Quinten De Graaf, Thisisengineering Raeng, Science In HD

Comment faire un Storyboard

06/04/2021

Comment faire un Storyboard

C'est décidé je me lance ! Pour mon premier article je vais vous parler du STORYBOARD.

Avant tout, je me présente. Je suis Alison Gallego, vidéaste, photographe professionnelle et j’ai un parcours atypique. Et oui, j’ai roulé ma bosse avec passion. J’écris cet article pour partager mon approche, la manière dont je travaille.

Pour résumer mon parcours, sachez que je n'ai pas fait de grande école de cinéma, j'ai plutôt l'expérience du terrain en partie chez Quad Productions et surtout sur mes projets personnels ainsi que ceux que je mène avec Netnco. J’ai également une solide formation dans la réalisation chez CIFAP.

Avec le temps et ma furieuse envie de faire des films, je me suis forgée ma propre méthodologie. Sachez que dans les métiers de la création artistique, la technique évolue et je participe aussi régulièrement à des ateliers cinéma, écriture et photographie pour toujours progresser. Je pars du principe que j'apprends tout le temps, c'est un vrai enrichissement personnel et professionnel. Se former permet d’être plus libre dans la création. Aujourd'hui à mon tour de partager mes expériences !

Pourquoi faire un storyboard ?

Mais avant de vous dire COMMENT faire un storyboard, je vais d'abord vous dire POURQUOI faire un storyboard ?

Et bien tout simplement parce que grâce au storyboard, je visualise chaque plan que je vais tourner pour pouvoir les mettre en images. Je me pose donc les questions essentielles : quelles sont l'angle et l'axe de la caméra, les valeurs de cadre et les mouvements caméra, et comme un film doit raconter une histoire, quels sont les plans indispensables à la narration.

Lorsque le budget le permet, les équipes de production et réalisation sont conséquentes : scénaristes, storyboarders, équipe artistiques, réalisateur, monteur, cadreur, régisseurs, acteurs, etc... Le storyboarder va transposer la vision du réalisateur en images. Mais par les temps qui courent, les réalisateurs ou vidéastes doivent de plus en plus devenir des couteaux suisses et porter différentes casquettes. (A mon grand regret car, selon moi, rien de tel que de faire un film en équipe. Mais c'est un autre débat !! Si vous avez le budget, on monte une équipe).

Le storyboard peut s'apparenter à une BD et peut être considéré comme une forme d'art. J'ai découvert une nouvelle série sur Disney+ qui a fait l'objet d'une édition " Tout l'art de THE MANDALORIAN " que je vais sans doute m'offrir ! Pour vous faire une idée, je vous invite à aller voir des storyboard de films célèbres (excellent article sur Konbini). 

Impressionnant non ?

Notre méthode de réalisation de Storyboard

Revenons à notre sujet qui consiste à réaliser un storyboard en équipe restreinte. 

Lorsque je prépare des vidéos pour mes clients ou les clients de l'agence Netnco, j'utilise les mêmes procédés que ceux utilisés dans les milieux publicitaires ou cinématographiques. Certes, je n'ai pas le coup de crayon d'un  dessinateur mais je me débrouille ! L'objectif est de montrer à travers les vidéos ou les photographies le savoir-faire des entreprises. 

Mes premiers pas en tant que storyboarder ont été plutôt épiques ...

J'ai d'abord voulu créer mon storyboard sur des feuilles blanches en dessinant des rectangles dans lesquels j'allais transposer ma vision des différentes scènes. Après moult tentatives et des morceaux de gomme en veux tu en voilà, j'ai assez vite abandonné cette option... trop galère ! 

Puis j'ai découvert un logiciel gratuit Storyboarder 

Et là, ça été la révélation ! Pas besoin d'être David Russell, (storyboarder de Batman, MoulinRouge etc...) ou  Stephane Levallois (storyboarder cinéma avec Alien Covenant ou publicité pour Cartier) pour dessiner mes plans.

Exemple de storyboard

Pour revenir à mon expérience de "storyboardeuse", l'agence Netnco a cru en ma capacité de dessiner et m'a offert pour l'occasion une jolie tablette graphique avec laquelle j'ai réalisé... roulement de tambours... ça :

Bon ok je n'aurais peut être pas du mettre les storyboard des films célèbres en premier ! Mais j’assume. Cela dit je n'aurais jamais imaginé être capable de dessiner moi-même le storyboard (comme quoi tout est possible !) Et devinez quoi ? 

Mon storyboard va être édité !!!

(non je plaisante mais ça, vous vous en doutiez !)

Les avantages du storyboard

Plus sérieusement, le storyboard a de nombreux avantages :

1- Il permet de créer écriture cinématographique, c’est à dire, comment mettre en image un message (messages à faire passer, savoir-faire à valoriser, parti-pris artistique, rythme)

2- Il permet de transposer en images ma vision du film et de me poser les bonnes questions (valeurs de cadre, angle, axe, mouvement caméra)

3- Il permet d'anticiper la durée approximative du film 

4- Lors de la présentation, le client voit en images ce que donnera le film. Cela permet donc de vérifier si nous sommes bien sur la même longueur d'onde et auquel cas modifier le scénario et le storyboard en conséquence.

5- c'est un véritable outil le jour du tournage. Cela permet de bien s'organiser et de savoir quels plans nous allons tourner. Pas de perte de temps.

(D'autres documents sont bien sur nécessaires pour le bon déroulement du tournage comme le séquencier, le découpage technique et le dépouillement. Ce sera peut être l'objet d'un autre article)

6-Il peut faire office de pré-montage pour la partie post production

Photo d'un tournage de vidéo au sein de l'agence Netnco avec Chloé Maze

Le storyboard intervient donc lors  :

  • du développement du film
  • de la présentation client
  • du jour du tournage 
  • de la post production (montage)

La magie de la réalisation

Attention !! Ce que l'on imagine n'est parfois pas réalisable dans la réalité (il te manque toujours 1 mètre de recul quelque part …). Il y a toujours des imprévus lors d'un tournage, donc si les plans ne collent pas parfaitement au storyboard, j'essaie de ne pas en faire un drame !

Photo de tournage du court métrage "L’Impasse" de Samuel Guerrier et Alison Gallego, Crédit photo : Elodie Gallois-Montbrun

Ce document sert de base, ensuite la magie de l'instant fait le reste. Il y aura sûrement des plans que je n'ai pas prévu qui se présenteront à moi et qui apporteront une valeur ajoutée au film. Comme il y aura sûrement un ou plusieurs plans que je ne tournerai pas comme je l'aurai souhaité. C'est la vie ! Et c’est beau !

Le tout, c'est de garder l'idée globale du film, la direction que je me suis fixée en gardant toujours en tête l’objectif du film, les messages à faire passer.

Je vous donne donc rdv dans un prochain article pour comparer justement le storyboard que je vous ai montré et le véritable montage des prises de vue que nous aurons tourné d'ici là... TO BE CONTINUED...

Savoir Piloter son Cash-Flow

30/03/2021

Savoir Piloter son Cash-Flow

Pourquoi prendre le Cash-Flow comme indicateur principal ?

Quel est le statut du Cash-Flow actuellement dans les entreprises ? S’agit-il uniquement de s’interroger ici sur les modalités de maîtrise de sa trésorerie, qui sont si importantes surtout dans le contexte actuel de crise sanitaire, ou bien et en même temps de tenter de comprendre pourquoi il tend à prendre la place des taux de rentabilité et de profitabilité ? 

Traditionnellement la mesure du flux de trésorerie s’effectue au moyen de la différence entre encaissements et  décaissements, ce qui constitue un état hebdomadaire de la liquidité d’une entreprise, autrement dit sa capacité à respecter ses obligations à court terme, mais pour autant n’indique pas en quoi cette entreprise est rentable, donc génératrice de bénéfice. C’est dire que les deux analyses sont la plupart du temps distinctes l’une de l’autre.

Or, le Free Cash-Flow est devenu depuis quelques années de l’indicateur principal des entreprises. Quelles en sont les raisons ? 

La première, tenant à la financiarisation croissante des entreprises, privilégie un indicateur constitué par l’excédent net de trésorerie après financement des investissements d’exploitation et de la distribution des dividendes. Le Free Cash-Flow mesure donc l’excédent dégagé par l’entreprise qui serait mis à la disposition des investissements ou du désendettement.

La seconde raison tient à ce que les entreprises ont de plus en plus tendance à se projeter dans l’avenir et donc se focalisent sur ce qu’une entreprise peut rapporter, générer de flux de trésorerie, et non sur ce qu’elle possède, autrement dit la valeur de ses actifs. En d’autres termes, le Free Cash-Flow constitue le véritable générateur de la valorisation potentielle des actifs d’une entreprise, autrement dit de la valorisation d’une entreprise.

Comment mesurer le Free Cash-Flow ?

Son calcul se décompose en trois étapes.

Première étape : Le Cash-Flow opérationnel s’établit de la manière suivante :

Excédent Brut d’Exploitation (EBE) – Dotation aux amortissements – Dotation aux provisions +/- Variations du besoin en Fonds de Roulement (BFR), selon que celui-ci est négatif ou positif.

Le Cash-Flow opérationnel prend donc en compte sur une année l’ensemble des coûts internes et externes (achats) ainsi que les variations en termes de délais de paiement des clients, des fournisseurs, et celles des stocks.

Seconde étape : Le Cash-Flow d’investissement s’obtient en déduisant les acquisitions aux cessions d’immobilisation, autrement dit le flux de liquidités générées par les opérations sur les investissements. 

Troisième étape : Le Cash-Flow de Financement mesure le flux de liquidités par l’addition des augmentations de capital et des emprunts à moyen et long terme, à laquelle on soustrait les dividendes versés aux actionnaires. Le Cash-Flow de Financement constitue la mesure du besoin de financement, qu’il soit négatif ou positif à la fois des OPEX et des CAPEX.

Comment Piloter le Free Cash-Flow ?

Du fait que les entreprises sont de plus en plus confrontées à des situations et un environnement de moins en moins prévisibles (imprévisibilité augmentée par la crise sanitaire), elles sont en prise avec des décalages entre les flux de trésorerie prévus et ceux réels. Autant dire qu’il est préférable de piloter le Free cash-Flow plutôt que de le mesurer. En réalité, dans la plupart des cas, les entreprises ne pilotent pas leurs flux de trésorerie, mais sont en permanence en situation de réactivité vis-à-vis de leur environnement. Elles ont donc tendance à raisonner en termes de réduction entre les délais de paiement clients et ceux aux fournisseurs. Étant donné que la plupart des entreprises font exactement ou à peu près les mêmes choses, la question de ces décalages resurgit fréquemment.

Or, piloter son Free cash-Flow revient à réduire le besoin de financement de son entreprise, comme nous le montre le schéma suivant.

Le Besoin de financement d’une entreprise est d’autant plus important que les cycles d’exploitation et de paiement clients ont une durée excédant largement les cycles fournisseurs. Durant ces cycles, l’entreprise fait l’avance de la Valeur Ajoutée créée, car les fournisseurs font l’avance des coûts d’achat pour partie de ce temps.

En conséquence, deux leviers peuvent permettre de piloter le Cash-Flow Opérationnel :

  • Le premier consiste dans les actions à mener en vue de réduire fortement les cycles d’exploitation (approvisionnement, production, Supply Chain). Ce qui correspond aux pratiques d’accélération des flux que nous avions développé lors de l’article précédent (lien en bas d'article)
  • Le second, réside dans la mise en place d’une souscription d’abonnements visant à réduire pour partie les délais de paiement des clients. Les souscriptions d’abonnement consistent à offrir un service Premium aux clients qui s’engagent en contrepartie d’un prélèvement mensuel (sur l’exemple des GAFAM). Ce qui réduit les délais de paiement clients par rapport à la base des 45 jours légaux.

Conclusion

Ces deux actions ont pour conséquence de dynamiser la formule de calcul du Cash-Flow = EBE +/- BFR, qui constitue une mesure statique et non un instrument, un outil de pilotage.

Passer de la mesure au pilotage du Cash-Flow Opérationnel consiste à accroitre le taux de rotation de l’EBE au cours de l’année par une réduction du BFR.

D’où cette proposition de la formule du pilotage du Cash-Flow Opérationnel :

Ratio du Pilotage du Cash-Flow = EBE/Cycle de financement*

*En nombre de jours

Autrement dit, il s’agit de savoir en combien de jours une entreprise récupère son EBE, ce qui se traduit par une croissance de ce ratio et donc un EBE beaucoup plus important en fin d’année face un BFR réduit, du fait des actions mises en place sur les cycles opérationnels et les cycles de paiement clients.

Lien vers le premier article sur cette thématique ci-dessous

Accélérez vos flux pour une meilleure performance

11/03/2021

Accélérez vos flux pour une meilleure performance

Pourquoi vouloir ou pouvoir accélérer vos flux, tant en production, qu’en distribution de vos produits ? Est-ce un effet de mode, est-ce une contrainte semblable à la course contre la montre que nous vivons actuellement entre la vaccination et la Covid ?

Bien souvent, les critiques émises à l’encontre de cette tendance consistent en l’interrogation suivante : à quoi cela sert-il de livrer rapidement des produits dont les dates de péremption sont éloignées, tels que par exemple les surgelés ?

Autrement dit, cette accélération des flux, que l’on constate notamment depuis la crise sanitaire, correspond-elle à une conjoncture ou est-ce une tendance de plus long terme ? 

Afin de tenter de répondre à cette question, il nous paraît indispensable de faire un détour par les approches des deux extrêmes de la chaîne de valeur, à savoir le Marketing Digital d’une part, et le Supply Chain Management d’autre part.

Synchroniser Supply Chain Management et Marketing Digital

Mettre en place des relations clients consiste dans un premier temps à se poser la question des propositions de valeur inscrites dans le Business Model d’une entreprise. Il s’agit de bâtir l’offre de valeur par type de produits et par type de clients, tout en se différenciant de la concurrence.

Il est donc important de se poser les questions suivantes :

  • Quels peuvent être les points forts de cette offre ?
  • Faut-il mettre l’accent sur la qualité des produits, la structure de leur fonctionnalité, l’importance des services tels que les délais de livraison ou encore la rapidité de mise sur le marché (Time to Market) ?
  • Comment communiquer avec ses clients, segment de marché par segment de marché ?

Cela va des pratiques de communication avec vos clients, via internet, du phoning, des campagnes publicitaires, du démarchage téléphonique. Or, ces pratiques sont progressivement remplacées par celles du Marketing Digital, telles que Web marketing.

Les stratégies d'acquisition client peuvent utiliser le Social Selling, le Search Engine Advertising, le Remarketing, le Search Engine Optimization, la création d’événement, le sponsoring, le Publi-Rédactionnel.

Cette multiplication des moyens d'acquisitions client et les commandes on-line nécessite donc de repenser les organisations logistiques.

Un certain nombre d’entreprises, ont adopté cet autre type de dispositif stratégique. Cela consiste au moyen des nouvelles technologies, notamment la digitalisation et l’automatisation, à se rapprocher des clients du fait de leur agilité permanente. En effet, la maîtrise des données clients leur permet à la fois de :

  • Collecter des données en avant vente sur les comportements des prospects
  • Personnaliser leurs offres de produits et de services auprès de leurs clients.
  • Mettre en place des circuits courts en ayant supprimé les intermédiaires.
  • Communiquer de manière globale sur un marché.

La clé de leur stratégie réside dans la capacité à maîtriser le Time To Market, car les délais séparant le lancement de leurs produits ou services et l’accès direct à leurs marchés sont très courts. Ce qui leur confère un avantage compétitif important vis-à-vis des acteurs traditionnels sur ces marchés. De plus, cette proximité numérique de leurs clients (et prospects), facilite grandement une évolution en continu de leurs produits et services, au moyen de données récoltées auprès de leurs clients. Ce qui leur permet en retour des propositions de valeur clients à la fois personnalisées pour chaque catégorie de clients et ce avec une rapidité avec laquelle leurs concurrents ne peuvent rivaliser.

La digitalisation croissante des entreprises leur permet progressivement de passer d’une logique de prévision des ventes à celle prédictive ou anticipatrice des achats clients. C’est dire que l’on change totalement de paradigme en partant des achats clients et non plus des ventes. 

Ces techniques d’analyse prédictive capturent les relations entre de nombreux facteurs générant soit des risques, soit des opportunités, afin de faciliter les bonnes décisions. Elle fait donc appel à l’intelligence artificielle, présentée comme l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence, d’où le terme de Machine Learning, qui désigne un ensemble de méthodes d’apprentissage automatique nécessitant le recours à des algorithmes permettant aux robots et machines d’apprendre de manière autonome. 

Ces nouvelles pratiques du Marketing Digital ne sont pas innocentes par rapport aux nouvelles tendances du Supply Chain Management (SCM), qui substituent les approvisionnements clients aux traditionnelles livraisons. En ce sens, le SCM inverse de la même manière que le Marketing Digital les relations producteurs-clients. Il n’est donc plus question de planifier la distribution, comportant notamment l’optimisation des capacités de production et de la logistique ainsi que des stocks, mais de piloter les approvisionnements clients en intégrant les lots de produits par référence et les délais demandés par les clients. 

En conséquence, le point de départ de l’approvisionnement est constitué par les fréquences de vente par référence, résultat du processus du profilage clients (analyse prédictive au moyen du Machine Learning), qui permet de prédire le contenu des paniers clients. Cela peut prendre la forme par exemple de vagues journalières d’expéditions regroupant la totalité des commandes clients ou de leurs réassortiments en références vendues.

Or, il est nécessaire pour que cet approvisionnement clients soit effectif, de s’insérer dans une stratégie omni-canal, qui a pour objectif de desservir les clients au moyen de différents circuits de livraisons, mais par le biais d’un seul canal d’émission. Cela s’effectue au moyen de la mise en place d’une plateforme digitale unique, qui regroupe la relation client, la vente, le digital marketing et l’analyse des différentes données d’interaction. L’interaction doit être continue pour répondre à l’ubiquité des consommateurs, qui peuvent à la fois se rendre en point de vente, ou commander sur leur smartphone, devant leur télévision voire sur leur tablette, ou bien encore téléphoner à un centre d’appels. C’est ce que l’on constate actuellement avec le développement du E-Commerce se caractérisant par des délais d’approvisionnement clients en 24-48 heures, basés sur des circuits courts producteurs-clients. D’où le développement de pratiques, qui ne sont pas nouvelles, mais ont tendance à se généraliser, telles que le Cross Docking en plateformes et le Goods to Man pour la préparation de commandes en entrepôt. 

Une entreprise plus performante qui se différencie

Bref, les deux extrémités de la chaîne de valeur, le Marketing Digital en amont et le SCM en aval, travaillent maintenant à l’unisson dans le cadre d’un Pilotage des Performances, dont l’objectif premier réside dans l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

Gain pour les responsables de production

Donc, si vous vous posez la question, pourquoi dois-je ou pas accélérer mes flux, demandez-vous quel gain puis-je en retirer notamment en tant que responsable de production. Or, cette accélération des flux vous permettra de mieux piloter vos cycles de production et d’approvisionnement clients en réduisant fortement ces temps d’immobilisation de vos produits, qui augmentent d’autant le besoin de financement de votre entreprise. Mais, me direz-vous, ceci est l’affaire du Directeur Financier. Que nenni, car cela réduit d’autant vos marges de manœuvres en matière d’investissement, du fait que ce dernier vous demandera un taux de retour sur investissement toujours plus rapide.

Gain pour vos clients

Quel gain mes clients peuvent retirer de cette accélération ? L'accélération des flux vous permettra de servir rapidement vos clients et la collecte de donnée du marketing digital, permettra d'avoir des données précieuses pour travailler la profondeur et la largeur de vos gammes en les rendant plus pertinentes. Mais, me direz-vous, ceci est l’affaire du Responsable Marketing et Commercial. Que nenni, car votre organisation opérationnelle devient un véritable argument commercial et marketing.

Conclusion

Vous aurez compris que la transformation des usages des consommateurs réécrit les codes du marché et favorise les entreprises qui sont capables de décloisonner leur organisation pour offrir une expérience client globale.

Si cet article vous a plu n'hésitez pas à le partager ou à nous contacter.

Crédits photos : George Lucas, Eddy Billard, RoseBox رز باکس, Elevate

  

L'importance d'identifier la maturité des entreprises pour être pertinents

23/02/2021

L'importance d'identifier la maturité des entreprises pour être pertinents

Dans cet article, je vous propose de découvrir un modèle de lecture des différents degrés de maturité des entreprises : le CMMI.

Pourquoi j’ai décidé de vous présenter ce modèle ?

Je ne tourne pas autour du pot : parce que le modèle est méconnu et qu’il apporte une grille de lecture sur une entreprise.

Peu connu :

Je commence cet article suite à une discussion que j’ai eu avec des amis d’amis lors du réveillon du jour de l’an. J’expliquais alors à deux entrepreneurs que dans les entreprises, il y a des étapes de maturité dues à l’évolution normale d’une entreprise. J’ai évoqué le système CMMI très connu dans le secteur informatique en expliquant que je fais un parallèle entre cette approche et les degrés de maturité en management d’entreprise lorsque je fais des audits d’entreprises. J’ai remarqué l’étonnement de mes interlocuteurs, deux personnes puis trois qui se sont arrêtées de danser pour écouter (un sujet totalement hors sujet pendant une fête). Je me suis demandé pourquoi ce parallèle qui me paraît une évidence depuis tant d'années suscite autant d’intérêt quand j’en parle.

Ma femme m’a dit que parfois je faisais des parallèles qui peuvent dérouter les personnes qui ne me connaissent pas.

Donc vous, cher lecteur, je vais vous expliquer en quoi je trouve que ce parallèle est évident et comment vous pouvez mieux appréhender vos projets ou actions dans une entreprise en identifiant au préalable son degré de maturité.

La maturité d'une entreprise vient avec le temps. En êtes vous sûr ?

La maturité est le fruit de choix managériaux, d'un casting dans le recrutement du personnel qui doit prendre en compte la maturité de l'entreprise. De quoi je parle?

Si on regarde les personnes qui nous entourent, vous remarquerez des "gamins" de 20 ans qui sont plus matures que des seniors de 55 ans.

Mais qu'en est-il des entreprises ? Est-ce que la maturité vient naturellement avec le temps ? Doit-on attendre pour avoir une entreprise mûre ? Est-ce que les entreprises sont soumises aux mêmes contraintes qu’une personne qui chemine dans sa vie ? Est-elle contrainte par des institutions ? Formatée ? Est-elle guidée par des référents comme des parents, des tuteurs, des amis ? Apprend-elle de ses erreurs ? Vous voyez, vaste sujet.

Sachez que je n’ai pas été le seul à me poser ces questions et que des modèles tentent de mesurer ce parcours de vie d’entreprise vers la maturité.

Le CMMI et PCMM

Avez-vous entendu parler du Capability Maturity Model Integration ou CMMI ou le People CMM ?

Ce sont des approches/modèles qui sont hérités des entreprises informatiques et c'est intéressant de comprendre pourquoi.

Les ESN et les éditeurs de logiciels ont eu des progressions fulgurantes entre les années 70 et aujourd'hui, passant d'entreprises constituées de copains qui bricolent dans des garages à des entreprises cotées en bourse. Et maintenant les GAFAM sont exclusivement des entreprises numériques.

Ces progressions fulgurantes ont permis de comprendre qu'il est nécessaire de franchir des paliers pour grandir. Ces paliers sont importants tant sur l'approche technique du métier que sur le plan managérial. La fameuse scalabilité d’entreprise au sens large (pas uniquement sur le Business Model).

Le CMMI décrit 5 niveaux de maturité dans l’entreprise :

🦸 Le niveau 1, le temps des héros face au chaos, l'étape où tout repose sur les compétences humaines avec pas ou peu d'organisation.

🚜 Le niveau 2, le temps des managers, étape qui repose sur les héros qui structurent et construisent des équipes soudées.

🚀 Le niveau 3, le temps de la standardisation, étape d'ajustement des bonnes pratiques pour tirer toute l'organisation vers le haut avec des méthodes. À cette étape, l'intelligence émotionnelle est parfois étouffée ou mise en avant.

🎯 Le niveau 4, le temps du système, une étape déterminante pour perdurer. Les entreprises qui y arrivent sont celles qui créent un processus orienté satisfaction client avec une vraie politique d'entreprise.

🏆 Le niveau 5 ou l'optimisation du processus. C'est le temps de l'amélioration continue orientée client.

Sachez que lorsque je travaille pour un client, j’observe les modes de management, les méthodes, les réactions de chacun pour essayer de comprendre à quel niveau de maturité l’entreprise se situe. La conduite des projets n’est pas la même selon le niveau de maturité de l’entreprise.

Pour illustrer ce modèle et les différentes phases, je vous raconte l’histoire d’une entreprise fictive, peut-être reconnaîtrez-vous la vôtre. Vous pouvez passer cette histoire si vous êtes familier de ce modèle et aller directement à la partie conseils.

Histoire d’illustration des phases de maturité d’une entreprise.

Il était une fois l’entreprise Vilfux, une entreprise qui se lance en créant un logiciel unique et qui rend un vrai service, ce n’est pas une énième Start-up gavée aux levées de fonds avec un super storytelling qui lui permet de vivre sans être rentable en attirant des investisseurs.

Donc Vilfux commence à marcher. Si on se focalise sur l'aspect logiciel, il leur a été facile de bricoler un truc qui fonctionne. Ils sont trois dans l’équipe, Marc, Jenny et Hassan.

En voyant ceci on se dit qu’on peut tous se lancer, à condition de bosser dur et d’être doué.

Après quelques ventes qui leur ont permis de se payer et d’être rentables, notre équipe doit maintenir les solutions et les faire évoluer.

Ils le font et lorsque la solution commence à être un vrai système complexe avec de nombreuses fonctionnalités, cela se gâte. L’entreprise est dans le temps des héros.

A chaque problème, Marc, Jenny et Hassan trouvent des solutions et cela devient de plus en plus compliqué. Mais ils sont très bons, connaissent leurs codes sur le bout des doigts et on évolue vers des problèmes de plus en plus complexes.

Puis, un jour, un énorme bug apparaît lors d’une livraison et après 1 journée, 1 nuit blanche, des boîtes de pizzas jonchent les bureaux de l’agence, l’équipe est à court de solution. Lorsque tout semble perdu, Hassan a une idée, il teste, et, comme par miracle, arrive à résoudre le problème. Hourra ! Nos trois compères sont super soulagés et en admiration devant l’exploit de Hassan. Quel héros ce Hassan ! (vous remarquerez que j’utilise les phases narratives classiques, des contes pour enfants qui ont modelés nos systèmes de pensée).

L’équipe se réunit donc quelques jours plus tard et décide de se donner des règles pour permettre les montées en versions plus facilement ainsi que l'évolutivité de leurs solutions.

Jenny dit : “On peut continuer à bricoler un peu, mais on se rend compte que la capacité à maintenir le code dépend de la connaissance de ceux qui l’ont fait, et des coups de génie de Hassan ou de toi Marc. On doit embaucher pour continuer à évoluer et pour ça, il faut qu’on soit plus rigoureux.”

Hassan et Marc sont d’accord sur le principe et, ensemble, l’équipe se donne des règles de conception.

L'entreprise progresse et l'équipe passe de 3 personnes à 20 personnes, dont un petit génie de l’informatique qui se nomme Franck. (encore la trame narrative classique avec l’élément perturbateur qui va amener le changement)

Les règles que se sont données Marc, Jenny et Hassan sont toujours en vigueur mais les derniers arrivés ont du mal à les appliquer. Notamment Franck qui trouve des solutions toujours pertinentes sans respecter les règles.

Les 3 fondateurs se réunissent et décident qu’il faut encadrer l’équipe en la décomposant en 3 unités de 6/7 personnes. L’encadrement a pour objectif premier de s’assurer que le travail est fait selon les règles que se sont données les fondateurs. Chacun son équipe.

Mais Hassan a du mal avec le fait d’encadrer une équipe. Son équipe, dans laquelle est Franck, est de bon niveau et fait peu d'erreurs. Heureusement, cela permet à Hassan de continuer ce qu’il aime faire, coder. Seulement voilà, cela crée des frictions avec les autres équipes car il n’y a pas de suivi de l’avancement des projets et cela impacte globalement l’entreprise. Il noue une forte amitié avec Franck et nos deux compères aiment travailler ensemble.

Hassan décide de nommer une personne de son équipe chef de projet, il aura comme rôle de faire en sorte que ça roule. Problème réglé, il nomme Annie qui est super carrée.

Les trois équipes travaillent en étant dépendantes les unes des autres. Nos trois fondateurs expérimentent la coordination d’équipe et mettent en place des rituels de management. Ils remarquent également qu’ils font face à une sorte de mal-être chez certains de leurs collaborateurs. Ils bossent mais ne savent pas si ce qu’ils font “a du sens”. D’autres ont un autre problème. Ils veulent montrer qu’ils sont meilleurs que les autres et se comparent, essaient de se valoriser. L’équipe fait face à des luttes d’égo. Annie a du mal à gérer l’équipe et se plaint du fait que Hassan et Franck n’en font qu’à leur tête, cela désorganise l’équipe selon elle.

Les 3 fondateurs se réunissent à nouveau après 3 ans d’activité et ils en arrivent à cette conclusion.

Jenny dit : ”Le passage à l'échelle nécessite donc la mise en place de suivi par des chefs de projet. Ils auront comme objectifs de suivre les développeurs, donneront du sens au travail et essaieront de gérer les égos de chacun.”

Les chefs de projets sont mis en place et Franck quitte l’entreprise en démissionnant car il est inconcevable pour lui d’avoir une personne non développeur qui lui dit quoi faire. Hassan est terriblement touché par cette démission.

L’entreprise entre dans le temps des managers.

Lorsque de nombreuses équipes sont amenées à travailler sur les mêmes projets sur différents aspects, les chefs de projet se coordonnent. Mais bientôt se pose une question pour nos 3 patrons… devront-ils rajouter une couche hiérarchique de manager pour manager les chefs de projets ou est-ce mieux de mettre en place des méthodes et bonnes pratiques communes pour rider le tout ?

Économiquement, la seconde solution leur paraît plus avantageuse et ils prennent donc cette option. Le temps de la méthode est en marche, ils se font accompagner par un cabinet spécialisé en ressources humaines et management et mettent en place un management de type gouvernance avec des rituels de management, des fiches de fonctions et de poste, des coefficients et tout le bazar.

Et là, humainement, les égos en prennent un coup pour de nombreuses personnes. Fin du temps des héros, il faut suivre un formalisme et des rituels de management.

Et cela ne se termine pas là. Les méthodes censées aider l'organisation vont trouver leurs limites. Elles ralentissent les processus, brident la créativité et rendent les créatifs malheureux. D’après les consultants en management, qui sont rappelés un an après par nos patrons, c’est normal. Les salariés doivent faire le deuil du passé, s’adapter, faire preuve de résilience et blablabla. Le cabinet propose alors une prestation de conseil en conduite du changement pour aider l’entreprise.

Hélas, c'est un passage normal qui est suivi par la mise en place d'une démarche de recherche de sens, de motto. Hassan, Jenny et Marc ne reconnaissent plus leur entreprise et sont partagés par le sentiment de nostalgie et celui d’aller de l’avant. Ils écoutent les équipes et vivent cette épreuve avec eux. Ce sursaut d’empathie ressemble à une résurgence de l'intelligence collective qui ne veut plus se plier à des contraintes sans en comprendre le sens. L’équipe décide alors de rendre ces méthodes plus intelligentes, plus souples et plus orientées vers la satisfaction client. Le métier reprend alors un sens.

L’équipe repense le management, la gouvernance, met l’accent sur l’ownership que doit avoir chaque équipier. Ils mettent en place des équipes autonomes et une démarche d'amélioration continue.

L'objectif affiché est d'améliorer la méthode pour huiler la mécanique, permettre au système de retrouver de la fluidité et de la productivité.

Et là, on parle d'une entreprise qui a atteint le cinquième niveau de maturité du CMMI. Hassan, Jenny et Marc ont réussi à créer une entreprise rentable et mature.

Fin de l’histoire ? Non… Le reste est à venir.

Conseils d’accompagnement projet à la lueur du modèle CMMI

A chaque étape, les enjeux et les approches des équipes différent. Voici quelques conseils vous permettant d'être pertinents dans vos approches

Niveau 1 : Le temps des héros


Conseil : Les entreprises à ce stade dépendent des compétences détenues par quelques personnes. Le savoir est diffus et la charge de travail peut fluctuer énormément. Il convient d’identifier les personnes ressources pour créer des équipes projets solides. Alerter en cas de hausse de charge de travail. Travailler au plus proche des opérationnels (ceux qui sont overbookés). Créer une relation directe avec l’utilisateur final. Donner à chacun ses responsabilités. Aider à la réalisation des livrables, pour formaliser.

Automatiser les tâches sans valeurs ajoutées répétitives.

  • Expliquer l’intérêt des bonnes pratiques
  • Team building
  • Rappeler les deadlines régulièrement
  • Introduire les méthodes Lean, Agiles pour que les équipes commencent à se les approprier.
  • Design Sprint / Design Thinking

Tailles des entreprises approximatives : de 1 à 8 personnes

Niveau 2 : Le temps des managers


Conseil : Les entreprises à ce stade essaient de lisser les charges de travail pour avoir des équipes correctement chargées. La mesure de la charge de travail est souvent imprécise. Pour mettre en place des projets ou démarches, expliquer l’intérêt des projets, les efforts à consentir, les retours sur investissement opérationnels. Vous devez définir conjointement les priorités avec les managers, mettre en place et suivre des KPIs, encourager les rituels de management : Planning Sprint, Point quotidien, Revue à fréquence. Cette phase nécessite de l’assertivité et il est primordial de célébrer les réussites

  • Partage de bonnes pratiques
  • User Story, Story fonctionnelle, Story technique
  • Kanban, Planning projet
  • Lean management

Tailles des entreprises approximatives : de 3 à 50 personnes

Niveau 3 : Le temps de la standardisation


Conseil : Les entreprises à ce stade travaillent sur les méthodes et essaient au maximum de standardiser leurs approches. Lorsqu’on accompagne des entreprises dans ces phases, il convient d’impliquer les services ou fonctions supports. Les services méthodes, qualité, DSI ou contrôle de gestion sont des sponsors naturels intéressants qui vont permettre d’inscrire votre projet dans la dynamique globale d’entreprise.

Les outils, méthodes et bonnes pratiques existantes sont à respecter pour permettre une conduite de projet optimale.

En terme de management, optez pour une équipe pluridisciplinaire et pour un plan de communication interne pour chaque projet.

Il est important de faire savoir comment avance votre projet.

Mettez en place un management participatif de préférence et assurez-vous que les chefs de projets pourront recadrer en cas de dérive.

Malheureusement, les pouvoirs se concentrent dans cette phase sur quelques individus et l’entreprise devient plus politique. Un management d’influence est à mettre en place. Le savoir est un pouvoir mais n’est pas le seul. Dans ces phases, vous devez avoir des appuis solides pour permettre à votre projet d’avoir les moyens.

  • Calcul de retour sur investissement
  • Mise en place de projet avec des périmètres restreints permettant des avancements pas à pas.
  • Analyse des coûts/ bénéfices
  • Analyse des risques
  • Analyse des parties prenantes
  • Brainstorming
  • ABM/ABC

Tailles des entreprises approximatives : de 6 à 1500 personnes

Niveau 4 : Le temps du système


Conseil : Les entreprises dans cette phase arrivent à piloter une véritable stratégie d’entreprise qui est dans le meilleur des cas pilotée par les données (data driven) et une vision d’entreprise partagée en interne.

En terme de gestion de projet, vous avez plus de liberté car l’entreprise a l’habitude de travailler en mode projet et vous donnera des outils internes ainsi que des interlocuteurs pour mener votre projet.

A ce stade, pour manager votre projet vous devrez comprendre et assimiler les habitudes et la culture de l’entreprise, devenir un clone. Vous devez vous intégrer. Une fois que vous serez intégré, force (ressentez vous la force ?) est de constater que vous aurez deux rôles dans le management de vos projets, gérer les équipes et faire la promotion de leurs avancées en interne.

Les méthodes d’UX design, de Design Thinking ou d’autres méthodes d’écoute et de création avec et pour les clients sont un des moyens de redonner du sens au business. L’entreprise, pour réussir, doit se concentrer sur l’écoute et l’action pour ses clients et ne peut pas progresser sans innover.

Dans ces entreprises, si elles sont de grandes tailles, travaillez sur le temps long, car l’inertie des entreprises est due à leurs tailles. Ne vous découragez pas, entre l’action et le résultat, il y a du temps et c’est normal.

Tailles des entreprises approximatives : de 20 à des dizaines de milliers de personnes

Niveau 5 : Le temps de l'amélioration continue


Conseil : Dans cette phase pour les entreprises, celles-ci ont des process qui permettent d’améliorer les process déjà existants. L’amélioration est un processus qui s’appuie sur des données, des indicateurs et des axes de progrès. Afin d’améliorer votre management de projet, vous devez les inclure dans les démarches d’amélioration continue et mesurer les gains de chaque projet pour l’équipe et le client. La motivation des collaborateurs est précieuse et pour la maintenir, n’hésitez pas à impliquer des personnes sur des sujets qu’elles affectionnent. Il faut maintenir le feu sacré, car dans cette phase de développement d’entreprise c’est ce qui est le plus difficile à garder. Pour ce faire, mixez vos équipes entre anciens et nouveaux, faites des points individuels informels pour échanger librement avec chaque collaborateur. C’est également à cette étape de développement que l’apport des rachats d’entreprises de plus petites tailles booste la dynamique interne. L’appel à des sous-traitants est également une bonne manière d’apporter des visions externes qui peuvent booster vos collaborateurs. N’hésitez pas également à rappeler régulièrement les enjeux business et le motto de l’entreprise pour éviter que l’administratif et les démarches bureaucratiques ne deviennent trop chronophages pour vos équipes.

Tailles des entreprises approximatives : de 20 à des dizaines de milliers de personnes

J'observe ceci dans chacun de mes audits ou projets au sein d'entreprise. Cela me donne une grille de lecture me permettant d’adapter mes approches pour les faire matcher avec les enjeux des entreprises. A chaque étape, les enjeux humains, business et managériaux sont différents. Il est important d’avoir des approches qui ne seront pas des freins au développement futur de l’entreprise.

Mais bonne nouvelle, quelque soit la taille et le degrés de maturité de votre entreprise, pour assurer une réalisation de qualité de vos actions, vous aurez toujours besoins de compétences internes. Il est vrai qu'en progressant dans sa maturité, votre entreprise sera moins dépendante de ces compétences individuelles et pourra ainsi prospérer et se pérenniser même en cas de départ ou perte d'individu. 

À la lueur de ce partage, j’espère que cela vous permettra de mieux comprendre quel est le niveau de maturité de votre organisation et que mes quelques conseils vous permettront d’y voir plus clair pour accompagner au mieux l’entreprise dans ses mutations.

Et vous, vous en êtes où dans le chemin de la maturité d’entreprise ?

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à m’en faire part et à le partager à vos contacts ou sur vos réseaux.

Crédits photos/illustrations : You X Ventures, Anthony Fomin, Arvin Mantilla, John Paulsen, John Barkiple, Adobe Stock, Guillaume Rouffiac

Les Conseils d'Alice : Un logo seul ne suffit pas

18/02/2021

Les Conseils d'Alice : Un logo seul ne suffit pas

En tant que graphiste, il m’est souvent arrivé d’avoir des demandes d’une simple création de logo. Parlons franc, ça ne sert à rien… RIEN! NADA! QUE DALLE!

Pourquoi ?

Parce qu’un logo seul, isolé, c’est comme du mauvais vin. Il manque le petit plus qui fait toute la différence. Le pétillant des bulles de champagne, l’odeur d’un parfum sur la peau, le liquide dans le chewing-gum mentos, une application sur votre smartphone, un chat qui ne ronronne jamais. 

Pas essentiel, mais tellement mieux. Alors vous avez besoin d’un logo pour votre entreprise ?

Pensez : charte graphique. Je suis Alice et je vous explique pourquoi.

D’abord, un logo, c’est quoi?

Le logotype ou plus couramment le logo est un des grands éléments de votre identité. Il est une représentation graphique permettant d’identifier immédiatement une entreprise, un produit ou un services. Venant du grec " logos " qui signifie " mot " (littéralement discours), il est souvent présenté sous forme de pictogramme ou typographie. Les premiers logos étaient souvent des illustrations assez complexes mais aujourd’hui, l’histoire nous a montré que les logos ont une tendance naturelle à se simplifier, se clarifier au fil du temps. Concrètement un symbole ou un pictogramme devient un logo lorsque notre esprit fait l’association entre le symbole et le nom d’une marque : le "M" de Mc Donald's ou le "double C" de Chanel, l’oiseau de Twitter. Provoquer l’association du symbole à un produit, c’est le cœur du travail de marque : le branding.

Mais celui-ci, ne se suffit pas à lui-même.

L’identité visuelle entière a une place importante dans une marque. Elle est un univers qui représente l’entreprise, ses valeurs et surtout, celles du produit ou services. Elle vous permet de transmettre votre message clé à travers l’image, de créer une connexion et un sentiment d’appartenance auprès de votre clientèle, prospects et communauté. Vous allez me dire, un logo aussi non ? La charte graphique va beaucoup plus loin qu’un simple symbole.

Pas de logo sans charte graphique, pas de charte graphique sans stratégie

Au cœur de votre stratégie de communication, donner une image experte de l'entreprise c'est se démarquer. 

Composée d’un ensemble d'éléments qui vont permettre d’identifier votre entreprise, un symbole, une typographie, des couleurs, des éléments graphiques, une ligne éditoriale ou bien encore la mise en page de vos documents. Une charte graphique a pour objectif de décliner l’identité visuelle sur les différents supports de communication (imprimés ou web) et permet d’être reconnue au premier coup d'œil. L’identité visuelle s’assimile à l’univers complet de l’entreprise et sa transmission se fait via chacun de ses supports.

Soyons honnête, le logo, sans identité visuelle, n’est ni plus ni moins qu’un élément décoratif peu utile si vous ne travaillez pas le reste de votre identité visuelle. Le logo finalise l'identité visuelle. Un peu comme la cerise sur le gâteau, la représentation graphique très partielle de votre entreprise!

Vous vous rappelez de la publicité Mc Donald's baptisée "No logo", qui consistait à montrer sur les visuels des photographies en gros plan des produits. Pourtant tout le monde a bien compris de qui il s' agissait Pourquoi?  Parce que l'univers de la marque est tellement fort,  couleurs, formes que nous la reconnaissons.